Если вы собираетесь взять моментальный займ то вам поможет сайт - https://anticredit.org.ua .

Le bloc-notes de Wilfrid Estève // Photographie, écritures interactives et formation

займы без отказа займы на киви микрозаймы на карту

Savoir-faire

La consommation de l’information

L’émergence des entreprises de presse françaises, tout comme leur développement, est liée à un paradoxe.

D’une part, elles sont synonymes de contre-pouvoir attaché à l’opinion publique : leurs actions politiques participent au débat démocratique. Et d’autre part, pour préserver leur indépendance et s’affranchir du pouvoir politique, elles doivent comme toute entreprise trouver un soutien financier dans les ressources du marché économique. La réussite financière de la presse est le garant de son indépendance éditoriale. Une situation d’équilibriste qui voit un contre-pouvoir politique dépendre d’un pouvoir financier.

Le fonctionnement de la presse répond donc à une économie de marché. Les actionnaires permettent et défendent l’indépendance d’une rédaction tant qu’elle est rentable. Les trente dernières années vont voir plusieurs crises se succéder et entériner un malaise: augmentations du prix du papier (1974-77), période de déprime de la publicité (1994-95) et enfin récession du marché depuis 2001. En parallèle, les entreprises de presse vont être confrontées à la concurrence avec les médias audiovisuels, au lancement de la presse gratuite, aux coûts d’impression et de distribution en hausse ainsi qu’au phénomène de concentration. Tous ces bouleversements vont contribuer à dérégler un mécanisme, précipiter un processus industriel inéluctable, bouleverser une pratique journalistique et décrédibiliser une profession. Pour retrouver le sens de son marché et plaire à son public, la presse se trouve entraînée dans une logique de course au lecteur et à la publicité, sans par ailleurs être capable de pallier à la désaffection du public et de répondre à la délicate question de conserver les anciens lecteurs tout en arrivant à les renouveler.

Poussées dans une logique de rentabilité, les entreprises de presse décident d’apporter des réponses économiques rigoureuses. Avec l’arrivée du marketing et des pratiques du management dans les années 60, la presse va employer des méthodes issues de la grande distribution. Le marketing intervient sur la connaissance du public, l’étude de la concurrence et du marché, la définition des prix et la promotion. Les procédés d’études du lectorat vont permettre d’analyser et de signaler aux rédacteurs-en-chef les manques, les réticences du public ou les attentes insatisfaites.

Financer l’information par la publicité reste cependant dangereux.

Le scénario qui suit, basé sur les dérives du système est facilement envisageable : A la recherche d’une marge bénéficiaire maximale, la presse optimise son produit, qui est le journal. Le circuit annonceurs-régies-rédactions conduisent le «rédacteur-en-chef-de-produit» et le «créatif-directeur-artistique» vers une orientation rédactionnelle «commerciale». Ensemble, ils décident du contenu apporté au lecteur consommateur. Quand au directeur éditorial, il développe sa marque (son magazine avec ses produits dérivés) pour appeler à travers la publicité, d’autres marques. Cette modélisation de la presse sur les règles du marketing s’assortit d’un nouveau traitement de l’information, des informations.

Venu des États-Unis, le “journalisme de marché” s’installe en Europe au début des années 90. Il impose des codes différents à la presse. Le rubricage des magazines est revu, laissant la part belle à “l’information-service” et aux “soft news”.

A un traitement de l’information en profondeur, on va préférer une actualité exprimée dans le langage de l’émotionnel, du sensationnel. Les rédactions se retrouvent à illustrer des concepts plutôt que des faits (par exemple, l’insécurité). Les magazines vont peu à peu remplir leurs pages d’images anecdotiques qui n’expliquent plus, mais illustrent.

La presse est entrée dans l’ère de l’illustration. Elle recherche des images isolées plutôt que des reportages. Des mosaïques de photographies de la taille d’un timbre-poste apparaissent dans les titres. La production de reportages photographiques se raréfie, les sujets sont tronçonnés pour alimenter les banques d’images et les légendaires pictures-stories voient leurs espaces de publication se réduire. En 2000, une vague de contrats émane des groupes de presse. Les rédactions tentent de définir des règles inhabituelles en imposant des contrats aux photographes. Une nouvelle donne apparaît; si un journal produit, il doit amortir le coût de la production en se substituant à l’agence de diffusion. Les repasses au sein du groupe sont parfois gratuites et les cessions de droit des photographies sont multiples. Un reportage journalistique fait l’objet d’une exploitation commerciale. Cependant en cas de problème juridique, le photographe reste seul responsable. Le statut d’auteur et la déontologie sont sérieusement remis en question. On assiste au déplacement de la notion d’auteur de la personne vers l’entreprise. En réaction une fronde de photographes se fédère. Ils créent l’association FreeLens. Quatre ans plus tard, à l’exception du groupe Marie-Claire, la plupart des rédactions ont rangé leurs contrats. Jusqu’à quand?

De nouveaux usages vont aussi réguler le fonctionnement interne des rédactions qui vont réduire les productions de reportages ou “assignments” et minimaliser la prise de risque. Stagiaires non rémunérés, pigistes, CDD et correspondants se multiplient et finissent par remplacer les journalistes permanents. La presse reprend des idées qui ont fait leurs preuves ailleurs. Les journaux sont pensés pour être financés par la publicité et lus par le plus grand nombre.

La réalité du monde est mise en scène avec des photographies politiquement correctes issues de banque d’images aseptisées. L’information s’appauvrit.

Durant les années 80-90 les créations de nouveaux titres prennent des proportions étonnantes. L’offre explose jusqu’à constater certaines années, plus de 400 nouveaux titres. Dorénavant, prêt à penser rime avec prêt à consommer. Les magazines sont vendus avec des produits dérivés (Cédérom, DVD, encyclopédie…). La presse informe un peu et divertit beaucoup. Elle a régressé en pertinence et en qualité. Les «consumers magazines», les magazines de marques et les suppléments touristiques de régions se développent. Ils ont les moyens de produire et font la part belle aux reportages photographiques. Mais parle t’on encore d’information? L’ambivalence est renforcée par l’essor des services de “presse” ou de “communication” qui servent d’intermédiaires entre la rédaction et les entreprises. En parallèle, la presse magazine participe aussi à l’avènement de la télé réalité. Tout cela produit un sérieux amalgame aux yeux du lecteur qui a dû mal à faire la part des choses entre les publications d’information, de divertissement et les magazines purement commerciaux. Certaines dérives au niveau du droit à l’image sont constatées. Plutôt que de s’insurger contre les paroles de Patrick Le Lay (1), la presse devrait s’interroger sur son contenu. Le Parlement et le gouvernement devraient se questionner sur la répartition des subventions qu’ils accordent aux médias. De tous les pays libéraux, la France est celui qui octroie les aides les plus fortes à la presse. Cette situation n’a ni poussé les rédactions à évoluer, ni encouragé le marché à se réguler, ni empêché les fréquents dérapages à l’encontre du code de la propriété intellectuelle, de la convention collective des journalistes et du code du travail.

Précipitée dans un monde qui ne juge que sur des bénéfices immédiats, la presse française n’a pas privilégié son contenu rédactionnel.

Cette situation a aussi procédé d’un repli, puis d’un déclin du rôle de la photographie comme témoignage. Ces évolutions mettent en péril le pluralisme de la presse. Sur du long terme, le recul du journalisme risque aussi d’affaiblir la santé des entreprises de presse. Alors que les titres se placent en concurrents face à la télévision, il n’y a jamais eu de questionnement, de réflexion et de positionnement pour apporter un traitement de l’information différent, complémentaire. Même interrogation en ce qui concerne le rapport du lecteur, du public, de tous à la photographie. Alors que l’image est devenue omniprésente dans notre société, aucun élément de compréhension ne nous est transmis, ni enseigné. Les initiatives pour apporter une culture photographique au plus grand nombre sont rares et ce n’est pas la place qu’occupe actuellement la critique photographique dans les journaux qui viendra compenser cette lacune.

Wilfrid Estève

Article publié dans « Photojournalisme à la croisée des chemins« , mention spéciale du jury du prix Nadar 2005

(1°) “Le métier de TF1, c’est d’aider Coca-cola, par exemple à vendre son produit. Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible: c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-cola, c’est du temps de cerveau humain disponible”. Patrick Le Lay, “Les dirigeants face aux changements”, éditions du Huitième jour, 2004.


Qu’est-ce que la photographie aujourd’hui ?

La révolution numérique, les nouveaux supports et formes de création et de narration, de production, de diffusion, de stockage inscrivent aujourd’hui la photographie dans des perspectives inenvisageables jusqu’alors.

Sur la toile, la consommation des images via les réseaux sociaux , les applications smatphone et iPad et les plateformes de partage communautaire apportent une fonction nouvelle à l’image, qui devient conversationnelle ; la globalisation de son utilisation rend son impact incontrôlable. Du Daguerréotype au smartphone, l’appareil photo est désormais partie intégrante de notre bureau mobile. Photographier est un geste quotidien et transmettre un fichier à des tiers aussi. (suite…)


La revue POZYTYW présente « Territoires de Fictions »

Par Marta Eloy Cichocka, journaliste et professeur d’université

Le pronostic pour les photographes et photo amateurs : le beau temps pour les festivals s’annonce ! Nous avons à peine eu le temps de respirer après les émotions des festivals à Lodz et Cracovie, et voilà qu’un nouveau concurrent du Photo Festival de Lodz et du Mois de la Photo à Cracovie, parfaitement placé à la charnière de l’été indien et l’automne polonais, est apparu.

(suite…)


“Territoires de Fictions”, l’identité en diffusion

Par Christian Gattinoni, rédacteur en chef de lacritique.org

Un ensemble de 52 réalisations multimédia de deux minutes chacune produites à partir d’autant de projets photographiques individuels dressent un panorama kaléidoscopique de l’identité française à l’occasion du brassage politique dans le contexte de l’échéance électorale. Dans l’évolution récente de la photographie concernée par un réel politique qui ne trouve plus ses voies dans les formes traditionnelles du reportage l’action de collectifs de production et de diffusion comme le Bar floréal ou Tendance Flou, souvent mis en valeur par notre partenaire Photos Nouvelles, semble ici faire école.

(suite…)


Une généalogie si bien repérée ?

Co-fondateur de l’agence photographique l’Oeil Public qu’il quitte en 2004, Wilfrid Estève a participé durant huit ans, à l’ascension du collectif et à la création de la structure de diffusion.

L’Oeil Public est une agence de huit photographes indépendants qui existe depuis 1995. Elle a été distinguée par des prix photographiques prestigieux (dont World Press Photo et Prix Kodak de la critique) et collabore avec les plus grands magazines internationaux.

(suite…)


Hans Lucas, un studio de création et de production dédié aux nouvelles écritures

Passerelle entre information et création, Hans Lucas est un studio de production dédié aux logiques transmédia et multi-écrans.

En prise avec les mutations actuelles, les nouveaux médias, le journalisme visuel, le référencement local, mobile et social, la structure s’appuie sur un réseau d’une trentaine d’auteurs, de professionnels de l’information et de créateurs. Sa direction artistique, éditoriale et de production est assurée par Virginie Terrasse, Wilfrid Estève et Lorenzo Virgili. Hans Lucas invite à investir de nouveaux territoires numériques, le studio est spécialisé depuis 2006 dans la production de format court ou interactif et a créé le concept de la POM, Petite Oeuvre Multimédia. Son nom est un clin d’oeil à Jean-Luc Godard dont Hans Lucas fut le pseudonyme en tant que critique.

(suite…)


Photographie, documentaire et digital storytelling

Wilfrid Estève est photographe, journaliste, enseignant et producteur.

Depuis 2004, il préside l’association reconnue d’utilité publique FreeLens et a reçu la mention spéciale du prix Nadar pour l’ouvrage « Photojournalisme, à la croisée des chemins » en 2005 en tant qu’auteurEn tant producteur, il a reçu le grand prix du jury du WebTV Festival de La Rochelle pour la plateforme interactive documentaire « La Nuit oubliée – 17 octobre 1961 » en 2012 et le Mediterranean Journalist Award 2013 (catégorie Nouveaux médias) de la Fondation Anna Lindh et du PriMed 2014 (catégorie Prix Multimédia de la Méditerranée) pour « Sout el shabab ».

Cofondateur de l’agence l’Œil Public, ancien vice-président de Picturetank, membre de l’Observatoire du photojournalisme, et de l’Observatoire des Métiers de la presse, conférencier spécialisé en photojournalisme, il a commencé sa carrière en 1995. Depuis 2006, il est en charge de la direction éditoriale du studio de création et de production Hans Lucas et depuis 2013 de la codirection du Diplôme Universitaire « Photographie documentaire et écritures transmédia » à l’UPVD.

(suite…)


Pour une photographie d’auteur française ouverte sur l’international

logo_stella-01

Alors que tous les témoignages convergent pour estimer que les revenus des photographes professionnels ont chuté, et la fermeture une à une des grandes agences est venue confirmer le constat d’une évolution brutale ; le projet Stella* images montre que de nouveaux modèles économiques pour les marchés de la photographie à l’heure du numérique existe et que des acteurs majeurs sont prêts à se mobiliser.
(suite…)