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La revue POZYTYW présente « Territoires de Fictions » – Le bloc-notes de Wilfrid Estève

photographie // écritures transmédias & interactives // formation

La revue POZYTYW présente « Territoires de Fictions »

Par Marta Eloy Cichocka, journaliste et professeur d’université

Le pronostic pour les photographes et photo amateurs : le beau temps pour les festivals s’annonce ! Nous avons à peine eu le temps de respirer après les émotions des festivals à Lodz et Cracovie, et voilà qu’un nouveau concurrent du Photo Festival de Lodz et du Mois de la Photo à Cracovie, parfaitement placé à la charnière de l’été indien et l’automne polonais, est apparu.

C’est Transfotografia, un projet franco-polonais, dont le nom rappelle celui du festival lillois Transphotographiques, de plus en plus connu. L’initiateur du festival à Triville est Olivier Spillebout, chef d’équipe des Transphotographiques, une personne plein d’idées et d’énergie, dont vous pouviez déjà lire une interview dans « Pozytyw « (nr 11/12). Spillebout a eu l’idée de faire vivre la photographie sur la côte polonaise il y a quelques années déjà. Bien entendu, Paris ne s’est pas fait en un jour, Transfotografia en est l’exemple. La simplicité du dossier de presse ne laisse pas de doutes : l’objectif de la première édition de Transfotografia est avant tout d’exister. Mais un début modeste peut annoncer une grande idée, surtout si la programmation est bien organisée. Ce qui est le cas pour la programmation du festival de Triville.

Transfotografia propose un panorama des stéréotypes et complexes franco-polonais par le biais de la photographie. La photographie va à la rencontre directe du spectateur : elle investit non seulement le Musée de Sopot, la Galerie Photo ou le Centre Culturel de Gdansk, mais aussi les pubs, cafés et clubs. La programmation tourne autour de deux projets très importants et actuels, coordonnés par deux curateurs exigeants : en Pologne le projet « La Pologne maintenant, Teraz Polska » est orchestré par Krzysztof Miekus, en France « Territoires de fictions » par Wilfrid Estève.

Le projet « Teraz Polska » a déjà été largement commenté dans la presse polonaise, y compris dans « Pozytyw », nous allons donc nous concentrer sur le projet français, particulièrement intéressant mais complexe. Territoires de fictions recouvre à la fois un laboratoire expérimental d’une portée singulière et un projet ambitieux qui présente la France d’aujourd’hui et ses 60.000 habitants – combien parmi eux se sentent vraiment Français et qu’est-ce que cela représente, être Français ? Le mythe du chic parisien, un béret et une baguette dans la main, c’est du passé : l’immigration et l’intégration désignent une nouvelle voie de recherche de l’identité individuelle et collective.

Nous n’avons pas oublié les voitures brûlées dans les banlieues, un signe des tensions sociales à l’œuvre dans le pays et de la forte tradition des citoyens de manifester leurs états d’âme : il suffit de mentionner la Révolution française, mai 68, ou encore le championnat du monde du football en 1998. Nous avons eu le sentiment que l’euphorie générée par cette victoire a réuni tous les français, sans distinction d’origine, de religion, de niveau de vie, d’orientation sexuelle ou de camp politique : la société française semblait, comme jamais, réunie sous la devise « liberté, égalité, fraternité ».

Cependant, 4 ans plus tard, l’extrême droite triomphe, et en 2005 la constitution européenne est rejetée par référendum. Dans le contexte de ces événements, observant une évolution de la société française depuis dix ans, nous nous posons la question de savoir si la France change irréversiblement ou subit seulement une crise passagère ? 50 photographes, en collaboration avec des artistes multimédias, des cinéastes et des régisseurs du son ont fait face à cette question. Territoires de fiction en est le résultat : un projet multimédia contenant une série de photoreportages et des POM, de 2 minutes chacun (Petit Objet Multimédia), à télécharger sur son mobile ou son ordinateur, des affiches grand format exposées en extérieur, dont l’accrochage constitue déjà une performance, la participation de théâtres de rue et de slam, la publication d’un livre contenant des photos et l’enregistrement des conversations, et finalement un blog pour les internautes agrémenté d’un forum animé par des spécialistes. A cet égard, Territoires de fiction constitue une surface d’échange d’opinions sur la France où vivent ceux qui photographient et ceux qui sont photographiés, en accord avec l’opinion que nous vivons dans le monde que nous nous racontons et où nous pouvons apercevoir uniquement ce que nous comprenons.

La France, divisée en ces territoires c’est un palimpseste d’histoires parfois drôles, parfois inquiétantes, parfois très intimes.

Nous retrouvons sur ces photos des paysages urbains et ruraux (Brezillon, Lacotte, Rivière, Scaglia), mais aussi des tentes de sans abris (Garat) ; des portraits de personnes fixant des yeux l’écran à l’heure du journal télé (Goldenstein), des portraits d’immigrés exclus en raison de leur différence ( Brandstrom, Leki Dago, Pachabezian). Il y a l’imam (Caupeil), la haute couture musulmane (Pernot et Vignaux) et parisienne (Dautigny), il y a le monde de la distraction pour tous et le Tour de France (Lebeuf). Il y a des intérieurs domestiques (Merhak), les coulisses de la Maison de Radio France (Mirguet), des queues interminables devant les cinémas, files d’attentes dont un Polonais ne comprendra jamais le sens (Cincet). Le monde des banlieues pauvres y est présent (Maillard, Muller) ainsi que ces mêmes banlieues peuplées de voitures brûlées après un incendie (Michel et Ross). Chacun de ces projet est un morceau de miroir cassé qui enregistre un fragment de la spécificité française, d’où sort une série de portraits surprenants : Jacob photographie une poubelle à différentes heures de la journée, Loubaton des tonnes d’ordures triées, Dumont des bus de nuit, Jacrot le RER, Guiches compose des mosaïques de personnes dans les endroits publics, leur distance et leur solitude. Estève et Lavoué enregistrent le fonctionnement d’une mastodonte politique, Lavoué photographie des démonstrations et Mirguet des caméras qui filment des rues en villes.

Territoires de fictions prouve que l’enregistrement du monde consiste plutôt à transcrire différents points de vue sur ce monde.

Regarder signifie raconter une histoire, et chaque narration est une fiction subjective. Selon la définition du dictionnaire, la « fiction » est un mensonge, une invention ; un état imaginé pour des objectifs différents : artistiques, pédagogiques ou méthodologiques. L’étymologie latine est beaucoup plus sublime : fingere veut dire modeler (en argile); donner la forme, imaginer, tandis que inventer se place au dernier rang. Le projet français rend sa signification d’origine au mot fiction : modeler le monde. Grâce à une passerelle entre l’information et l’art, les Français s’engagent socialement et les artistes se confrontent à la frustration sociale, le manque de confiance pour la politique et la démocratie, le regain d’intérêt pour les partis extrémistes ; ainsi que les problèmes liés à l’immigration et l’intégration. Les questions sur la France d’aujourd’hui sont les questions sur la France de demain et ce sont également des questions sur le monde actuel en phase de changement. Des territoires de fictions polonais ne font pas ici d’exception.

Marta Eloy Cichocka

POZYTYW 08-09/2006
« Fin de saison : Transfotografia w Trójmiescie »
Retrouvez l’article en cliquant sur http://www.transfotografia.com/presse/pozytyw092006-fr.php3

 

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