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Le bloc-notes de Wilfrid Estève // Photographie, écritures interactives et formation

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“Lettres aux Pères” de Lionel Pralus

Le 17 novembre 2011, je reçois Lionel Pralus pour un entretien. Un faux-air du chanteur Arnaud Fleurent-Didier, il fête ce jour-là ses 29 ans.

La conversation tourne autour de ce projet inachevé, ces Lettres aux pères faites de photographies entrechoquées de phrases. Lionel évoque une enfance un peu particulière dans ce quartier de Tours peuplé de jeunes retraités qui ne connaissent pas leurs voisins. Le décor est posé, la maison familiale et son proche alentour, un vase clos.

La série s’entrelace de souvenirs et d’anecdotes, celles d’un fils, d’un père et d’un grand-père. Solitude inavouée, isolement et tension familiale. Il évoque un non-dit, un passage, l’absence et puis l’âge, l’adolescence. Ils se parlent peu ou pour rien. Apparemment, Lionel a dû trouver les moyens de faire sans.

Les années filent et depuis Paris, Lionel fantasme la vie de son père, il veut aujourd’hui la fixer pour mieux la comprendre.

Une mise en scène de l’image paternelle lui permettra de le percevoir différemment. Et lorsqu’il n’aura plus de souvenirs écrits à lui proposer, Lionel a décidé de continuer l’histoire en l’inventant. Mais pour le moment, sa préoccupation est d’approfondir le rapport du texte à la photo et de trouver une place à sa mère qui a accepté d’apparaître.

La série a débuté en 2008 alors que la précédente, Paysages familiers se terminait. Comme une suite logique et nécessaire. Tandis que la première est un violent point de vue sur ses parents, Lionel a souhaité passer à un double portrait et se concentrer sur son père. Un choix imposé car sa mère a refusé de se prêter au jeu. Pour lui faire plaisir, Gérard accepte. Il vient de s’excuser suite à la lecture de Paysages familiers et désire aussi continuer l’introspection. Lionel aborde Lettres aux pères libéré d’une certaine tension. Aujourd’hui cet “entre d’eux” l’intéresse. Maintenant que les choses ont été dites, le ton peut s’adoucir.

À l’âge de la reproduction, à la recherche d’un temps perdu, certaines mises au point sont parfois nécessaires. Quelque part une famille est en voie de reconstruction. Il faut un temps pour tout, pas vrai, Papa ?

Wilfrid Estève

Article publié dans le magazine du Jeu de Paume en novembre 2011.

Cet article fait partie des six folios présentés par Wilfrid Estève dans le magazine du Jeu de Paume, retrouvez la série, la lecture de Samantha Rouault réalisée par Alice Guerlot-Kourouklis ainsi que l’intention de l’auteur sur le site du magazine.

 

 

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