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“NYC I love it but I don’t like it” d’Adrian Crispin – Le bloc-notes de Wilfrid Estève

photographie // écritures transmédias & interactives // formation

“NYC I love it but I don’t like it” d’Adrian Crispin

En l’an 2000, Adrian a 25 ans. Il vit à New-York, écoute Arthur Russell, Kruder & Dorfmeister et The Velvet Underground. Une vie de galère et de petits boulots l’amène à travailler dans un restaurant, il y rencontre Jamie Zeccola. Entre eux deux, une entente à demi-mot s’opère, l’un photographie, l’autre peint.

Les soirées et les nuits de grandes discussions se succèdent. Une correspondance par mail commence alors. Elle va durer six ans et nourrir en partie une réflexion autour de leur travail.

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America is on fire. Like a burnt hot dog smothered with mustard. Thanks for the bush-soup! Warmed my spirit. Glad to see the pirate life again. The ship sails at dawn. Don’t burn the burgers !

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Soif de réussite et de reconnaissance, esprit de rébellion, liberté enivrante d’une ville… Beaucoup de choses seront propices à la création durant cette année 2000.

Composé d’une vingtaine de planches contacts dans lequel le hasard et l’errance vont prendre beaucoup de place, Black & white I sera surtout un journal personnel. Au gré de ses rentrées financières, Adrian développe les Kodak Tri-X qui s’entassent dans son frigo. Parfois il y a des accidents de révélateur ou de séchage et le négatif est endommagé. Il garde tout et voit comment cela peut s’associer.

À l’époque, Adrian a des références, deux street photographers : Henri Cartier-Bresson et Robert Frank. « Pas forcément la meilleure démarche car je débutais. 10 ans plus tard, je vois que c’est un peu faux car beaucoup de Frank résonne dans ce travail. ». 

L’editing se termine en 2003, les diptyques sont finalisés l’année suivante. Le travail autour des textes viendra en 2005. À cette époque l’amertume est forte, la série va fixer une grande période d’incertitude, toujours liée à cette idée de réussite, de succès dans ce que l’on fait. Adrian, le photographe et Jamie, le peintre maudit, se débattent dans un puits intérieur sans fond. Comme si une porte infranchissable empêchait toute communication, toute compréhension du monde extérieur.

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Camus was right. Sisyphus is everyman. Every man is lost in his own hell.
The myth is, that we have a choice.
Don Juan died with a bottle of wine and a book in his hand. glad you like my new drawings. Those silly things, I cannot help myself. They come out so sincerely. Word doodles. The mind is a trap door with no windows.
There is no escape. Who aims high, falls low. “My field,” said Goethe, “is time.” Greatness is silence of the soul.
There is solitude for the lucky few. Most burn out too soon. Others tumble down the street like loose change. Still breathing. Never should be here. God, the great mime. Is alive and well in NYC.

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Durant huit mois, Adrian va douter, s’interroger. Autour de lui la vie est dure, contrastée et toujours en mouvement. Il faut sans cesse bouger, être en transit. Psychologiquement et physiquement. Les diptyques montrent peu de gens, des fantômes apparaissent, des mannequins côtoient des jambes coupées. Son rôle de photographe prend corps, il doit ôter le masque des inconnus qu’il croise et révéler leurs âmes. Dans cette ville qui bouillonne, seul le mouvement semble compter réellement et tous ces anonymes ne tiennent pas en place. Ils brûlent leur vie et alimentent un cercle infernal : travailler, produire et consommer. Comme si l’immobilité les condamnait et que leurs incessants trajets leur garantissaient d’une part, la vie, et d’autre part, la certitude de toucher l’essentiel de l’existence.

Mais dans quel but ?

Tout comme le chante Sinatra dans New York New York, « If I can make it there, I’m gonna make it anywhere », Adrian, accompagné de son Leica M6 et d’un 35mm est à la recherche du Big break. Il va errer ici et là, « Your big break is just around the corner »… Le problème est qu’il y a beaucoup de “corner” dans la Big Apple. Adrian va passer huit mois à le chercher sans le trouver. Entre rêve et réalité, la course à l’abîme des deux jeunes hommes sera marquée par la fuite. La quête initiatique est palpable, l’essentiel étant de ne pas se faire coincer.

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Tortured genius
paying the rent
in the tower of SONG.

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Mr.True,
Yes, the $$$ is all gone ! Run for the hills. Find a hole in the ground to shit in.
I’m in the SHIT DEEP ! Welcome to the club.

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Un jour, son père lui fait rencontrer un photographe avec qui il a sympathisé et dont l’atelier est dans le quartier. C’est Richard Avedon. Adrian va brièvement l’assister et ne prend pas conscience de l’opportunité. Avedon lui demande «What’s your dream ? ». Adrian n’a pas de réponse à lui donner. Aujourd’hui, il en aurait une : « Juste faire. Il faut faire ».

Adrian choisit donc de faire et décide de partir pour Paris. Eugénie, sa fille y naîtra en mai 2002. Aujourd’hui il s’est éloigné de ce point de vue documentaire et met principalement sa vie en scène. Il ne referait pas B&WI. C’était juste un point de départ.

Jamie est toujours à New-York et en attente d’être un peintre reconnu.

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A,

Greetings from KC on Park Ave south! The Pan is within. Thanks for the meaty clip from the good old days. Andy smiles up in hell. The dead have all the fun. They get to forget. We remember. The party is over! Downtown is dead. Hipsters are hip to it. Wilde is the poet of forgetfulness. They read him on the Ltrain. Wimpy, and woving it! Painting my past. B&W and Blue! Rich inside, poor outside. What’s new from the clouds. Light as a feather. Finally understanding Spinoza. We come from nature. Not space. Happiest man not dead yet. SOS! Apple Eater. What goes down easy is what comes up hard. Greek ethics. Panic in the streets ofNew Joke! JZ

” Struggle for earthly light. ” –Spinoza

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Wilfrid Estève

Article publié dans le magazine du Jeu de Paume en décembre 2011.

Liens :

http://lemagazine.jeudepaume.org/2011/12/bw-i-ii-iii-nyc-d%E2%80%99adrian-crispin-36/

http://adriancrispin.com/

 

Cet article fait partie des six folios présentés par Wilfrid Estève dans le magazine du Jeu de Paume, retrouvez la série, la lecture de Samantha Rouault réalisée par Alice Guerlot-Kourouklis ainsi que l’intention de l’auteur sur le site du magazine.

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