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Justifier l’injustifiable – Le bloc-notes de Wilfrid Estève

photographie // écritures transmédias & interactives // formation

Justifier l’injustifiable

Victime d’un acte d’homicide délibéré, Loucas Von Zabiensky-Mebrouk, dit Lucas Dolega vient de décéder à Tunis.

Depuis quatre jours le photojournaliste franco-allemand était plongé dans un coma artificiel et avait perdu l’usage de son oeil gauche. Blessé à la tête vendredi 14 janvier au cours d’une manifestation, par un tir « à bout portant » [moins de cinq mètres] et « tendu » [trajectoire qui se rapproche de la ligne droite] d’une grenade lacrymogène, Lucas a clairement été pris pour cible par la police anti-émeutes tunisienne. Il s’était réfugié avec cinq autres photographes [Matthias Bruggmann, Olivier Laban-Mattei, Remy Ochlik, Bruno Stevens et Pierre Terdjman] dans une rue adjacente à l’avenue Bourguiba où des débordements avaient lieu. Selon le témoignage de ses confrères « c’est alors qu’il passait la tête pour voir où en était la situation qu’il a été touché par le projectile.»

Aujourd’hui, c’est toute la profession des journalistes et des photographes qui est en deuil. En colère aussi.

Surtout celle des jeunes pigistes que l’on retrouve en première ligne sur les terrains de l’actualité. Lucas en faisait parti. Âgé de 32 ans il avait été envoyé la veille de son hospitalisation par l’agence de presse EPA [European Pressphoto Agency] pour couvrir la contestation qui a abouti à la chute du président  Zine el Abidine ben Ali.

Tout comme il paraît nécessaire de rappeler que l’exercice de notre métier est d’autant plus difficile et dangereux sous une dictature, où les forces de l’ordre ne respectent ni le droit du public à l’information, ni les conditions de travail des journalistes, précisons que le danger peut aussi venir d’ailleurs. Il y a moins de trois mois, Joao Silva était gravement blessé par une mine dans le sud de l’Afghanistan. Ce photojournaliste expérimenté du New York Times et habitué des terrains difficiles a dû être amputé de ses deux jambes. En 2007, l’association Anjrpc-FreeLens exposait les risques que courent l’ensemble des journalistes sur le terrain et la meilleure façon de s’en prémunir.

L’évolution des pratiques dans les médias expose et précarise de plus en plus les photojournalistes, pigistes pour la plupart.

Bien qu’appartenant à des rédactions soutenues par les aides et subventions de l’État et possédant une carte de presse, beaucoup de responsables réduisent les productions des professionnels ainsi que le montant des piges [ainsi que des frais] et multiplient l’usage des photographies DR, libres de droits ou issues de microstock.

Souvent en autoproduction [sans de commande ferme, ni de garantie de la part d’une rédaction], simplement diffusés par une agence, mal – voire pas – couverts par une assurance spécifique, sans accréditation ou carte de presse et avec des moyens limités, les journalistes restent des cibles privilégiées sur le terrain. Ils sont fréquemment pris à partie par les bandes, les services d’ordre des syndicats ou des partis politiques, les forces de l’ordre ou armées. Ceci à l’étranger tout comme à Paris où les CRS ont la fâcheuse tendance à frapper et molester les journalistes.

Rien ne saurait justifier l’emploi de la violence.

Avant un départ sur une zone de tension, de conflitsensible ou de non-droit[incluant les émeutes ou les manifestations en France], la lecture du Guide Pratique du journaliste ainsi que celle de la charte sur la sécurité est très utile. Par ailleurs, l’armée française organise des stages d’information sur les risques en zones de conflit et la Croix-Rouge des stages de secourisme. Enfin, l’usage d’un casque et d’un gilet pare-balles [prêt gracieux par RSF] sont recommandés.

Concernant la carte de presse, les conditions de son obtention ou de son renouvellement étant en très fort décalage avec les réalités professionnelles,une adhésion à l’UPP ou la FIJ s’avère judicieuse. Une préférence cependant pour la carte de presse internationale de la Fédération Internationale des Journalistes. Reconnue dans 120 pays, elle reste l’accréditation la plus ancienne et légitime. Concernant le port du brassard de presse bien que des abus soient régulièrement constatés, il est recommandé. Mais pour l’obtenir, les photojournalistes pigistes se heurtent à nouveau aux conditions d’attribution de la CCIJP.

Enfin au regard de la convention collective des journalistes et du code du travail, rémunérer des pigistes en commande en honoraires ou encourager le statut d’auto-entrepreneur est autant illégal que dangereux. Il est important de rappeler l’importance de la vigilance des organisations syndicales lors de la signature de nouveaux contrats collectifs, ainsi que la responsabilité des rédactions et des agences de presse qui ne couvrent pas les photojournalistes avec des assurances spécifiques. Et de préciser que les « contraintes financières » ne justifieront jamais l’injustifiable.

Wilfrid Estève

Article publié dans Photojournalisme.fr le 17 janvier 2011.

 

Merci à l’ensemble des professionnels qui se sont mobilisés sur place et en France ainsi qu’à Michel Puech pour leur engagement.

Cet article est disponible sous les termes de la Licence Creative Commons Paternité-Partage des Conditions Initiales à l’Identique 3.0 Unported (CC-BY-SA).

2 Réponses à “Justifier l’injustifiable”

  1. shtouky mebrouk dit :

    Loucas est arrivé au bout de sa passion, mille merci et mille amitiés, Shtouky, papa de Loucas

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