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Savoir-faire – Le bloc-notes de Wilfrid Estève

photographie // écritures transmédias & interactives // formation

Savoir-faire

L’ENS Louis-Lumière présente Sophie Scher

Article publié dans le Journal de la Photographie

En 2006, Sophie Scher obtient un Diplôme National d’Arts et Techniques en Design Graphique et Illustration narrative à l’École Supérieure d’Art de Lorraine (ESAE), en se penchant sur ce qu’elle appelle des “Instants urbains et poétiques”. Très tôt, elle a été sensibilisée à la culture de l’image. Son père a fait les beaux arts, il est imprimeur et graphiste. Sa mère est également graphiste, sa soeur est architecte. Un monde autour de l’imaginaire, du dessin et de l’écriture s’est développé naturellement.

Petite, elle s’amuse à cligner des yeux pour figer les “jolis moments”. Cela lui arrive encore parfois aujourd’hui, “j’aimerais bien avoir un appareil photo dans les yeux”. A 12 ans son père lui offre son boîtier, elle commence à photographier. “J’ai toujours écrit des histoires pour raconter les choses de la vie”. Lors de ses trois années passées aux beaux-arts, elle touchera aussi bien à la photographie, à la vidéo, à la peinture qu’aux livres pour enfants ou encore aux affiches, remportant le Prix Mercuria pour “Make a substancial difference” exposée au Luxembourg, ainsi que le premier prix de l’affiche réalisée pour Arjo Wiggins.

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“Lettres aux Pères” de Lionel Pralus

Le 17 novembre 2011, je reçois Lionel Pralus pour un entretien. Un faux-air du chanteur Arnaud Fleurent-Didier, il fête ce jour-là ses 29 ans.

La conversation tourne autour de ce projet inachevé, ces Lettres aux pères faites de photographies entrechoquées de phrases. Lionel évoque une enfance un peu particulière dans ce quartier de Tours peuplé de jeunes retraités qui ne connaissent pas leurs voisins. Le décor est posé, la maison familiale et son proche alentour, un vase clos.

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“Cortex” de Valerio Vincenzo

Valerio aime brouiller les cartes. Originaire de Naples, il a grandi à Milan et réside à Paris. Il se revendique Européen et vit avec une Américaine. Il n’aime pas les cases et ne se définit pas comme photographe.

Valerio avait trouvé un mot plus juste, mais l’a oublié, « c’était lié à l’image » précise t-il. Sur sa carte d’identité italienne, on lit sa profession : étudiant. Valerio est attaché à ce statut car il désire apprendre durant toute sa vie. Discret et déterminé, cet ancien consultant dans la finance poursuit avec élégance un intéressant parcours photographique. Se jouant des formats et des média, il explore, s’égare ; aime prendre du recul et rendre intelligible. Son principal souci est de rester cohérent dans l’ensemble de ses démarches. Avec humour et dérision, il pointe les absurdités de notre société.

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“Degeaba, Bucarest 20 years later” d’Emilien Urbano

Si en août 2010 Ceau?escu s’était présenté aux élections, il aurait été élu président avec 41% d’opinions favorables. Le résultat de ce sondage, réalisé par l’Institut Roumain pour l’Evaluation et la Stratégie, 21 ans après la mort du dictateur laisse perplexe et donne à réfléchir.

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“NYC I love it but I don’t like it” d’Adrian Crispin

En l’an 2000, Adrian a 25 ans. Il vit à New-York, écoute Arthur Russell, Kruder & Dorfmeister et The Velvet Underground. Une vie de galère et de petits boulots l’amène à travailler dans un restaurant, il y rencontre Jamie Zeccola. Entre eux deux, une entente à demi-mot s’opère, l’un photographie, l’autre peint.

Les soirées et les nuits de grandes discussions se succèdent. Une correspondance par mail commence alors. Elle va durer six ans et nourrir en partie une réflexion autour de leur travail.

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“Spree” de Dorothée Smith


Des visages dans des cheveux d’or qui… oublient leur vertu. Mais c’est pas vrai qu’ils ont l’air d’un conquistador.
Asexués une fois dévêtus qui croit quand on les voit comme ça. Excitant toutes les petites filles. Pourquoi on n’y croit plus comme ça.
Isolé dans un corps presqu’île.

Lorsque Nicola Sirkis chante « 3e sexe », hymne à la tolérance sexuelle et au droit à la différence, Dorothée Smith a six mois. Alors qu’à Paris, Christo emballe le Pont Neuf, la Spree longe le symbole d’une Europe déchirée par le Rideau de fer.

La rivière sépare en deux la capitale allemande et à l’image de ces quatorze Berlinois de l’Est qui en 1962 ont enivré le capitaine d’un bateau pour franchir le mur sous les coups de feu, elle a aussi été promesse d’espérance et de liberté pour des Berlinois appelés à vivre entre deux systèmes. Et deux identités. Aujourd’hui encore il existe des murs, invisibles certes, mais tout aussi réels.

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“La Palestine comment ?” de Virginie Terrasse et de Wilfrid Estève

Un petit groupe silencieux d’ouvriers palestiniens se presse. Aveuglés par la lumière et la poussière, nos paupières sont mi-closes. L’air enflammé fait danser des silhouettes.

Son Mamiya autour du cou, Virginie s’éloigne et contourne la barrière de séparation. Je prends la direction inverse et décide de longer le mur, que je découvre toujours en cours de construction. Il fait très chaud, le chantier fait miroiter un métal bouillant. Face à moi, des pans de béton de huit mètres de haut sont en train de prendre racine. Je mesure mon souffle et cherche l’ombre. Derrière des barbelés, j’entends crier : « Yala, yala ». Est-ce l’envie de fuir le soleil ou ce monde qui me paraissait si étrange ? J’ai longtemps marché ce jour là, interrogeant l’espace du regard, avec mes pensées d’homme libre pour seules compagnes.

 

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La nouvelle donne du numérique

Former des photojournalistes est vital.

Ces dix dernières années nous ont montré que trop peu de professionnels avaient été en capacité d’anticiper la transformation du modèle économique des médias traditionnels, la crise de la presse puis celle des agences, de s’adapter à l’émergence du «digital storytelling».

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Le “75”, une école bruxelloise des arts de l’image de référence en photographie documentaire

Visiter “Le 75” m’a toujours fait regretter de ne pas y avoir été étudiant. Le bâtiment central, très lumineux, se trouve au milieu d’un beau parc du sud de Bruxelles.

Capitale européenne oblige, bien que l’école soit francophone, dès l’entrée on y entend plusieurs langues. Les tirages photographiques aux murs et les dessins sur les tables témoignent d’emblée de l’importance des ateliers. Nous sommes ici d’évidence dans la création et l’écoute. Les échanges avec les professeurs d’atelier sont permanents car chaque élève est libre de solliciter ceux-ci autant qu’il le souhaite pour l’avancement de ses travaux. Des rapports bienveillants et, contrairement à certaines institutions artistiques, sans condescendance.

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L’Ecole nationale supérieure Louis-Lumière au sein d’un complexe inédit

2012 sera pour l’Ecole nationale supérieure Louis-Lumière une année importante. Cette grande école publique dédiée aux métiers du cinéma, de la photographie et du son va s’installer au coeur de la Cité européenne du cinéma. Cette dernière a été notamment portée par Luc Besson.

Implantée à la Plaine Saint Denis, sur le site d’une ancienne usine EDF, l’ENS Louis-Lumière sera au centre d’un complexe inédit, qui réunira dans un même lieu l’ensemble des métiers du cinéma. Ce pôle cinématographique est comparable à la Cinecittà à Rome, au Pinewood à Londres ou au T?h? au Japon. Cette fantastique boîte à outils pour les professionnels du cinéma va-t-elle orienter différemment l’enseignement de la photographie au sein de l’établissement ?

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« Rhizome », métaphore d’un conflit

La galerie Immix présente du 1er au 30 avril 2011 la série « Rhizome » tirée du projet documentaire «La Palestine comment ?».

Réaliser un travail sur les territoires occupés n’est pas simple et tout comme le souligne Marc Lenot dans son blog « Amateur d’art« , le présenter en France est aujourd’hui compliqué. «La Palestine comment ?» se propose d’explorer la problématique territoriale au coeur de l’histoire du conflit israélo-palestinien.  Des colonies aux villages non-reconnus, ce projet esquisse le relevé topographique d’une terre déchirée et désirée par deux peuples. Il documente les aspects d’une partition territoriale souvent imposée par la force et rendant impossible la cohabitation entre Israéliens et Palestiniens.

Naplouse ©Wilfrid Estève

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« Maux de presse », une enquête sur la liberté d’informer en France

Dans le cadre du stage photojournalisme de l’École des Métiers de l’Information, j’ai dédié un atelier de production  à la pratique de la vidéographie. Sensible à l’exercice du métier de journaliste et à l’indépendance des médias, j’ai décidé d’investir la problématique des entraves à la liberté d’informer en France. En termes d’enseignement, l’enjeu de « Maux de presse » était triple : placer les stagiaires au coeur des réalités professionnelles, les éveiller aux nouveaux supports de l’information ainsi qu’aux difficultés que rencontrent les journalistes.

« Maux de presse », le teaser.

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Justifier l’injustifiable

Victime d’un acte d’homicide délibéré, Loucas Von Zabiensky-Mebrouk, dit Lucas Dolega vient de décéder à Tunis.

Depuis quatre jours le photojournaliste franco-allemand était plongé dans un coma artificiel et avait perdu l’usage de son oeil gauche. Blessé à la tête vendredi 14 janvier au cours d’une manifestation, par un tir « à bout portant » [moins de cinq mètres] et « tendu » [trajectoire qui se rapproche de la ligne droite] d’une grenade lacrymogène, Lucas a clairement été pris pour cible par la police anti-émeutes tunisienne. Il s’était réfugié avec cinq autres photographes [Matthias Bruggmann, Olivier Laban-Mattei, Remy Ochlik, Bruno Stevens et Pierre Terdjman] dans une rue adjacente à l’avenue Bourguiba où des débordements avaient lieu. Selon le témoignage de ses confrères « c’est alors qu’il passait la tête pour voir où en était la situation qu’il a été touché par le projectile.»

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Master class à Sciences Po : Comment vendre une pige en photojournalisme ?

Cela fait plus de quinze ans que Wilfrid Estève est un photojournaliste indépendant, et fier de l’être. Cofondateur de l’Oeil Public, il est aujourd’hui en charge de la direction artistique et éditoriale du studio de production multimédia Hans Lucas. Il a travaillé pendant douze ans (1994-2006) pour une vingtaine de rédactions, du Figaro Magazine, Libération et Géo, au Pèlerin, La Croix, Famille chrétienne en passant par le magazine Elle et VSD.

Jeudi 6 janvier 2011, l’école de journalisme de Sciences Po a eu le plaisir de le recevoir à la master class. Vous pouvez retrouver ses dix conseils ainsi que le live de la conférence ci-dessous.

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POM, vidéographie, webdocumentaire : lexique des nouveaux formats

La crise dans les médias aura eu le mérite d’accélérer les initiatives des photojournalistes dans le « digital story telling ».

Depuis 2005, une nouvelle orchestration éditoriale s’est mise en place pour l’ensemble des « journalistes de l’image » et des écritures narratives ont rencontré leurs publics. Même si nous sommes toujours dans l’essai, les enjeux sont réels : des métiers ont évolué (journaliste multimédia, iconographe bimédia), d’autres se sont créés (vidéographe, community manager) et des formats (ou capsules) ont vu le jour (POM, vidéographie, Websérie et Webdocumentaire) permettant à l’image fixe, désormais en mouvement, d’interagir. S’informer en tous lieux et à tout moment…

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Les héros ont la vie courte

Le 1er juillet 2007, mes enfants quittent Paris pour vivre à 900 km. Fersen vient de fêter ses 6 ans et Eva a 4 ans. Leur mère voyageant fréquemment, nous partageons une relation forte dès leur naissance.

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Les vingt ans de la formation qualifiante « Photojournalisme »

En 2011, le stage Photojournalisme de l’École des Métiers de l’Information fêtera ses 20 ans d’existence. A cette occasion plusieurs nouveaux modules sont lancés en complément  dont « Vidéographie » et « Webdocumentaire ».

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Une préfiguration aux nouveaux modules développés à l’EMI

« L’A1 l’autoroute de tous les trafics » est une enquête interactive réalisée pour lemonde.fr par Olivier Marcolin (journalisme vidéo) et Olivier Besnier (photojournalisme) sous la direction éditoriale et pédagogique de Boris Razon et de Wilfrid Estève.

« L’A1 l’autoroute de tous les trafics », le teaser

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Wilfrid Estève’s photos presented in an exhibition at agnès b

agnès b. invite de l’air à fêter ses 10 ans !

Créé en avril 2000, de l’air est né d’un désir, celui de donner à voir des travaux photographiques qui racontent les mondes d’aujourd’hui, et comme agnès b. donne toujours à voir ce qu’elle aime, c’est tout naturellement qu’elle accueillera dans ses locaux, du 7 au 20 juin 2010, une rétrospective du journal.

Extrait de la série « Teknival »_Carcassonne, 2002

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Un stage « POM » aux RIP d’Arles

Du 26 au 31 juillet 2010, Wilfrid Estève et Antoine Ferrando du studio de création et de production multimédia Hans Lucas, réaliseront le stage « Concevoir une POM, Petite Oeuvre Multimédia » durant les rencontres internationales de la Photographie d’Arles.

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La consommation de l’information

L’émergence des entreprises de presse françaises, tout comme leur développement, est liée à un paradoxe.

D’une part, elles sont synonymes de contre-pouvoir attaché à l’opinion publique : leurs actions politiques participent au débat démocratique. Et d’autre part, pour préserver leur indépendance et s’affranchir du pouvoir politique, elles doivent comme toute entreprise trouver un soutien financier dans les ressources du marché économique. La réussite financière de la presse est le garant de son indépendance éditoriale. Une situation d’équilibriste qui voit un contre-pouvoir politique dépendre d’un pouvoir financier.

Le fonctionnement de la presse répond donc à une économie de marché. Les actionnaires permettent et défendent l’indépendance d’une rédaction tant qu’elle est rentable. Les trente dernières années vont voir plusieurs crises se succéder et entériner un malaise: augmentations du prix du papier (1974-77), période de déprime de la publicité (1994-95) et enfin récession du marché depuis 2001. En parallèle, les entreprises de presse vont être confrontées à la concurrence avec les médias audiovisuels, au lancement de la presse gratuite, aux coûts d’impression et de distribution en hausse ainsi qu’au phénomène de concentration. Tous ces bouleversements vont contribuer à dérégler un mécanisme, précipiter un processus industriel inéluctable, bouleverser une pratique journalistique et décrédibiliser une profession. Pour retrouver le sens de son marché et plaire à son public, la presse se trouve entraînée dans une logique de course au lecteur et à la publicité, sans par ailleurs être capable de pallier à la désaffection du public et de répondre à la délicate question de conserver les anciens lecteurs tout en arrivant à les renouveler.

Poussées dans une logique de rentabilité, les entreprises de presse décident d’apporter des réponses économiques rigoureuses. Avec l’arrivée du marketing et des pratiques du management dans les années 60, la presse va employer des méthodes issues de la grande distribution. Le marketing intervient sur la connaissance du public, l’étude de la concurrence et du marché, la définition des prix et la promotion. Les procédés d’études du lectorat vont permettre d’analyser et de signaler aux rédacteurs-en-chef les manques, les réticences du public ou les attentes insatisfaites.

Financer l’information par la publicité reste cependant dangereux.

Le scénario qui suit, basé sur les dérives du système est facilement envisageable : A la recherche d’une marge bénéficiaire maximale, la presse optimise son produit, qui est le journal. Le circuit annonceurs-régies-rédactions conduisent le «rédacteur-en-chef-de-produit» et le «créatif-directeur-artistique» vers une orientation rédactionnelle «commerciale». Ensemble, ils décident du contenu apporté au lecteur consommateur. Quand au directeur éditorial, il développe sa marque (son magazine avec ses produits dérivés) pour appeler à travers la publicité, d’autres marques. Cette modélisation de la presse sur les règles du marketing s’assortit d’un nouveau traitement de l’information, des informations.

Venu des États-Unis, le “journalisme de marché” s’installe en Europe au début des années 90. Il impose des codes différents à la presse. Le rubricage des magazines est revu, laissant la part belle à “l’information-service” et aux “soft news”.

A un traitement de l’information en profondeur, on va préférer une actualité exprimée dans le langage de l’émotionnel, du sensationnel. Les rédactions se retrouvent à illustrer des concepts plutôt que des faits (par exemple, l’insécurité). Les magazines vont peu à peu remplir leurs pages d’images anecdotiques qui n’expliquent plus, mais illustrent.

La presse est entrée dans l’ère de l’illustration. Elle recherche des images isolées plutôt que des reportages. Des mosaïques de photographies de la taille d’un timbre-poste apparaissent dans les titres. La production de reportages photographiques se raréfie, les sujets sont tronçonnés pour alimenter les banques d’images et les légendaires pictures-stories voient leurs espaces de publication se réduire. En 2000, une vague de contrats émane des groupes de presse. Les rédactions tentent de définir des règles inhabituelles en imposant des contrats aux photographes. Une nouvelle donne apparaît; si un journal produit, il doit amortir le coût de la production en se substituant à l’agence de diffusion. Les repasses au sein du groupe sont parfois gratuites et les cessions de droit des photographies sont multiples. Un reportage journalistique fait l’objet d’une exploitation commerciale. Cependant en cas de problème juridique, le photographe reste seul responsable. Le statut d’auteur et la déontologie sont sérieusement remis en question. On assiste au déplacement de la notion d’auteur de la personne vers l’entreprise. En réaction une fronde de photographes se fédère. Ils créent l’association FreeLens. Quatre ans plus tard, à l’exception du groupe Marie-Claire, la plupart des rédactions ont rangé leurs contrats. Jusqu’à quand?

De nouveaux usages vont aussi réguler le fonctionnement interne des rédactions qui vont réduire les productions de reportages ou “assignments” et minimaliser la prise de risque. Stagiaires non rémunérés, pigistes, CDD et correspondants se multiplient et finissent par remplacer les journalistes permanents. La presse reprend des idées qui ont fait leurs preuves ailleurs. Les journaux sont pensés pour être financés par la publicité et lus par le plus grand nombre.

La réalité du monde est mise en scène avec des photographies politiquement correctes issues de banque d’images aseptisées. L’information s’appauvrit.

Durant les années 80-90 les créations de nouveaux titres prennent des proportions étonnantes. L’offre explose jusqu’à constater certaines années, plus de 400 nouveaux titres. Dorénavant, prêt à penser rime avec prêt à consommer. Les magazines sont vendus avec des produits dérivés (Cédérom, DVD, encyclopédie…). La presse informe un peu et divertit beaucoup. Elle a régressé en pertinence et en qualité. Les «consumers magazines», les magazines de marques et les suppléments touristiques de régions se développent. Ils ont les moyens de produire et font la part belle aux reportages photographiques. Mais parle t’on encore d’information? L’ambivalence est renforcée par l’essor des services de “presse” ou de “communication” qui servent d’intermédiaires entre la rédaction et les entreprises. En parallèle, la presse magazine participe aussi à l’avènement de la télé réalité. Tout cela produit un sérieux amalgame aux yeux du lecteur qui a dû mal à faire la part des choses entre les publications d’information, de divertissement et les magazines purement commerciaux. Certaines dérives au niveau du droit à l’image sont constatées. Plutôt que de s’insurger contre les paroles de Patrick Le Lay (1), la presse devrait s’interroger sur son contenu. Le Parlement et le gouvernement devraient se questionner sur la répartition des subventions qu’ils accordent aux médias. De tous les pays libéraux, la France est celui qui octroie les aides les plus fortes à la presse. Cette situation n’a ni poussé les rédactions à évoluer, ni encouragé le marché à se réguler, ni empêché les fréquents dérapages à l’encontre du code de la propriété intellectuelle, de la convention collective des journalistes et du code du travail.

Précipitée dans un monde qui ne juge que sur des bénéfices immédiats, la presse française n’a pas privilégié son contenu rédactionnel.

Cette situation a aussi procédé d’un repli, puis d’un déclin du rôle de la photographie comme témoignage. Ces évolutions mettent en péril le pluralisme de la presse. Sur du long terme, le recul du journalisme risque aussi d’affaiblir la santé des entreprises de presse. Alors que les titres se placent en concurrents face à la télévision, il n’y a jamais eu de questionnement, de réflexion et de positionnement pour apporter un traitement de l’information différent, complémentaire. Même interrogation en ce qui concerne le rapport du lecteur, du public, de tous à la photographie. Alors que l’image est devenue omniprésente dans notre société, aucun élément de compréhension ne nous est transmis, ni enseigné. Les initiatives pour apporter une culture photographique au plus grand nombre sont rares et ce n’est pas la place qu’occupe actuellement la critique photographique dans les journaux qui viendra compenser cette lacune.

Wilfrid Estève

Article publié dans « Photojournalisme à la croisée des chemins« , mention spéciale du jury du prix Nadar 2005

(1°) “Le métier de TF1, c’est d’aider Coca-cola, par exemple à vendre son produit. Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible: c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-cola, c’est du temps de cerveau humain disponible”. Patrick Le Lay, “Les dirigeants face aux changements”, éditions du Huitième jour, 2004.


Qu’est-ce que la photographie aujourd’hui ?

La révolution numérique, les nouveaux supports et formes de création et de narration, de production, de diffusion, de stockage inscrivent aujourd’hui la photographie dans des perspectives inenvisageables jusqu’alors.

Sur la toile, la consommation des images via les réseaux sociaux , les applications smatphone et iPad et les plateformes de partage communautaire apportent une fonction nouvelle à l’image, qui devient conversationnelle ; la globalisation de son utilisation rend son impact incontrôlable. Du Daguerréotype au smartphone, l’appareil photo est désormais partie intégrante de notre bureau mobile. Photographier est un geste quotidien et transmettre un fichier à des tiers aussi. (suite…)


Kiosque Photo, la vie en communauté

Par Alain Lebacquer, article publié dans « Le photographe »

A l’ère de la globalisation de l’image, la première expérience de kiosque numérique regroupant des agences de presse sur un même outil de recherche fait des émules. Les petits frères de Pixpalace sont aujourd’hui prêts à prendre la relève. Gagner du temps, sans serveur client, ni abonnement… Une offre simplifiée proposée aux services photos par ces nouveaux arrivants qui veulent retrouver leur indépendance : le phénomène est récent. (suite…)


La revue POZYTYW présente « Territoires de Fictions »

Par Marta Eloy Cichocka, journaliste et professeur d’université

Le pronostic pour les photographes et photo amateurs : le beau temps pour les festivals s’annonce ! Nous avons à peine eu le temps de respirer après les émotions des festivals à Lodz et Cracovie, et voilà qu’un nouveau concurrent du Photo Festival de Lodz et du Mois de la Photo à Cracovie, parfaitement placé à la charnière de l’été indien et l’automne polonais, est apparu.

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