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Slideshow – Le bloc-notes de Wilfrid Estève

photographie // écritures transmédias & interactives // formation

Slideshow

Le Diplôme d’Université en « Photographie documentaire et écritures numériques »

Unique en France le Graph, le studio Hans Lucas et l’Université de Perpignan proposent sur le site de Carcassonne un Diplôme d’Université dédié à la photographie documentaire, au photojournalisme et aux écritures numériques. Cette formation intensive sur six mois, encadrée à 80% par une équipe pédagogique de professionnels reconnus et à 20% par des universitaires, vise à spécialiser à la fois des professionnels ainsi que des étudiants.

Au-delà de la définition d’objectifs individuels et de solutions technologiques, ce dispositif de formation met en place une relation de soutien, d’échanges et d’apprentissage, dans laquelle les formateurs du studio hans lucas favorisent l’insertion dans le marché du travail. Les objectifs sont liés au développement à la fois personnel et professionnel des participants ainsi qu’à la pédagogie de projet.

Ce Diplôme Universitaire vise l’accompagnement d’une personne dans la mobilisation de ses ressources. L’insertion professionnelle est progressive, elle passe par la mise en place d’un réseau, des stages en rédaction, des collaborations avec des médias, la réalisation de #masterclass ainsi que d’un stage de sensibilisation aux risques en zone de tension organisé en collaboration le 3e RPIMA.

 

Durant le montage sonore d'une Petite Oeuvre Multimédia (POM).

Durant la réalisation sonore d’une Petite Oeuvre Multimédia (POM).

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Correspondance – Camille Lepage

La photographe indépendante française Camille Lepage a été assassinée le 13 mai 2014 en République Centrafricaine. Wilfrid Estève, cofondateur du studio hans lucas, nous a confié une partie de leurs dernières correspondances.

« Et à deux de mes amis, je dis aux portes de la nuit : si un rêve est indispensable qu’il soit à notre image… » — Mahmoud Darwich.

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« La photo à bonne école », une enquête de Polka magazine

Le métier fait toujours rêver. Les candidats affluent dans les écoles dont la prestigieuse arlésienne et Louis-Lumière. Tour d’horizon des formations françaises.

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Il est grand temps de rallumer les étoiles*

Depuis plus de dix ans, le monde de la photographie est déstabilisé.

Les nouvelles technologies ont redéfini les pratiques de toute une profession. De profonds changements s’opèrent dans les domaines de la production, de la distribution et de la consommation. Une nouvelle e-économie émerge. Elle bouscule notre façon de penser, de travailler, de voir le monde, sans que nous nous soyons préparés. La Photographie est née en France, l’essor de sa culture, de son enseignement et de son rayonnement nous ont autorisé une certaine suffisance. Nous avons passé les dix dernières années à attendre, commis l’erreur d’être passé à côté des évolutions et d’avoir ralenti l’adaptation de la France aux technologies au moment où le monde l’accélérait.

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“La Palestine comment ?” de Virginie Terrasse et de Wilfrid Estève

Un petit groupe silencieux d’ouvriers palestiniens se presse. Aveuglés par la lumière et la poussière, nos paupières sont mi-closes. L’air enflammé fait danser des silhouettes.

Son Mamiya autour du cou, Virginie s’éloigne et contourne la barrière de séparation. Je prends la direction inverse et décide de longer le mur, que je découvre toujours en cours de construction. Il fait très chaud, le chantier fait miroiter un métal bouillant. Face à moi, des pans de béton de huit mètres de haut sont en train de prendre racine. Je mesure mon souffle et cherche l’ombre. Derrière des barbelés, j’entends crier : « Yala, yala ». Est-ce l’envie de fuir le soleil ou ce monde qui me paraissait si étrange ? J’ai longtemps marché ce jour là, interrogeant l’espace du regard, avec mes pensées d’homme libre pour seules compagnes.

 

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La consommation de l’information

L’émergence des entreprises de presse françaises, tout comme leur développement, est liée à un paradoxe.

D’une part, elles sont synonymes de contre-pouvoir attaché à l’opinion publique : leurs actions politiques participent au débat démocratique. Et d’autre part, pour préserver leur indépendance et s’affranchir du pouvoir politique, elles doivent comme toute entreprise trouver un soutien financier dans les ressources du marché économique. La réussite financière de la presse est le garant de son indépendance éditoriale. Une situation d’équilibriste qui voit un contre-pouvoir politique dépendre d’un pouvoir financier.

Le fonctionnement de la presse répond donc à une économie de marché. Les actionnaires permettent et défendent l’indépendance d’une rédaction tant qu’elle est rentable. Les trente dernières années vont voir plusieurs crises se succéder et entériner un malaise: augmentations du prix du papier (1974-77), période de déprime de la publicité (1994-95) et enfin récession du marché depuis 2001. En parallèle, les entreprises de presse vont être confrontées à la concurrence avec les médias audiovisuels, au lancement de la presse gratuite, aux coûts d’impression et de distribution en hausse ainsi qu’au phénomène de concentration. Tous ces bouleversements vont contribuer à dérégler un mécanisme, précipiter un processus industriel inéluctable, bouleverser une pratique journalistique et décrédibiliser une profession. Pour retrouver le sens de son marché et plaire à son public, la presse se trouve entraînée dans une logique de course au lecteur et à la publicité, sans par ailleurs être capable de pallier à la désaffection du public et de répondre à la délicate question de conserver les anciens lecteurs tout en arrivant à les renouveler.

Poussées dans une logique de rentabilité, les entreprises de presse décident d’apporter des réponses économiques rigoureuses. Avec l’arrivée du marketing et des pratiques du management dans les années 60, la presse va employer des méthodes issues de la grande distribution. Le marketing intervient sur la connaissance du public, l’étude de la concurrence et du marché, la définition des prix et la promotion. Les procédés d’études du lectorat vont permettre d’analyser et de signaler aux rédacteurs-en-chef les manques, les réticences du public ou les attentes insatisfaites.

Financer l’information par la publicité reste cependant dangereux.

Le scénario qui suit, basé sur les dérives du système est facilement envisageable : A la recherche d’une marge bénéficiaire maximale, la presse optimise son produit, qui est le journal. Le circuit annonceurs-régies-rédactions conduisent le «rédacteur-en-chef-de-produit» et le «créatif-directeur-artistique» vers une orientation rédactionnelle «commerciale». Ensemble, ils décident du contenu apporté au lecteur consommateur. Quand au directeur éditorial, il développe sa marque (son magazine avec ses produits dérivés) pour appeler à travers la publicité, d’autres marques. Cette modélisation de la presse sur les règles du marketing s’assortit d’un nouveau traitement de l’information, des informations.

Venu des États-Unis, le “journalisme de marché” s’installe en Europe au début des années 90. Il impose des codes différents à la presse. Le rubricage des magazines est revu, laissant la part belle à “l’information-service” et aux “soft news”.

A un traitement de l’information en profondeur, on va préférer une actualité exprimée dans le langage de l’émotionnel, du sensationnel. Les rédactions se retrouvent à illustrer des concepts plutôt que des faits (par exemple, l’insécurité). Les magazines vont peu à peu remplir leurs pages d’images anecdotiques qui n’expliquent plus, mais illustrent.

La presse est entrée dans l’ère de l’illustration. Elle recherche des images isolées plutôt que des reportages. Des mosaïques de photographies de la taille d’un timbre-poste apparaissent dans les titres. La production de reportages photographiques se raréfie, les sujets sont tronçonnés pour alimenter les banques d’images et les légendaires pictures-stories voient leurs espaces de publication se réduire. En 2000, une vague de contrats émane des groupes de presse. Les rédactions tentent de définir des règles inhabituelles en imposant des contrats aux photographes. Une nouvelle donne apparaît; si un journal produit, il doit amortir le coût de la production en se substituant à l’agence de diffusion. Les repasses au sein du groupe sont parfois gratuites et les cessions de droit des photographies sont multiples. Un reportage journalistique fait l’objet d’une exploitation commerciale. Cependant en cas de problème juridique, le photographe reste seul responsable. Le statut d’auteur et la déontologie sont sérieusement remis en question. On assiste au déplacement de la notion d’auteur de la personne vers l’entreprise. En réaction une fronde de photographes se fédère. Ils créent l’association FreeLens. Quatre ans plus tard, à l’exception du groupe Marie-Claire, la plupart des rédactions ont rangé leurs contrats. Jusqu’à quand?

De nouveaux usages vont aussi réguler le fonctionnement interne des rédactions qui vont réduire les productions de reportages ou “assignments” et minimaliser la prise de risque. Stagiaires non rémunérés, pigistes, CDD et correspondants se multiplient et finissent par remplacer les journalistes permanents. La presse reprend des idées qui ont fait leurs preuves ailleurs. Les journaux sont pensés pour être financés par la publicité et lus par le plus grand nombre.

La réalité du monde est mise en scène avec des photographies politiquement correctes issues de banque d’images aseptisées. L’information s’appauvrit.

Durant les années 80-90 les créations de nouveaux titres prennent des proportions étonnantes. L’offre explose jusqu’à constater certaines années, plus de 400 nouveaux titres. Dorénavant, prêt à penser rime avec prêt à consommer. Les magazines sont vendus avec des produits dérivés (Cédérom, DVD, encyclopédie…). La presse informe un peu et divertit beaucoup. Elle a régressé en pertinence et en qualité. Les «consumers magazines», les magazines de marques et les suppléments touristiques de régions se développent. Ils ont les moyens de produire et font la part belle aux reportages photographiques. Mais parle t’on encore d’information? L’ambivalence est renforcée par l’essor des services de “presse” ou de “communication” qui servent d’intermédiaires entre la rédaction et les entreprises. En parallèle, la presse magazine participe aussi à l’avènement de la télé réalité. Tout cela produit un sérieux amalgame aux yeux du lecteur qui a dû mal à faire la part des choses entre les publications d’information, de divertissement et les magazines purement commerciaux. Certaines dérives au niveau du droit à l’image sont constatées. Plutôt que de s’insurger contre les paroles de Patrick Le Lay (1), la presse devrait s’interroger sur son contenu. Le Parlement et le gouvernement devraient se questionner sur la répartition des subventions qu’ils accordent aux médias. De tous les pays libéraux, la France est celui qui octroie les aides les plus fortes à la presse. Cette situation n’a ni poussé les rédactions à évoluer, ni encouragé le marché à se réguler, ni empêché les fréquents dérapages à l’encontre du code de la propriété intellectuelle, de la convention collective des journalistes et du code du travail.

Précipitée dans un monde qui ne juge que sur des bénéfices immédiats, la presse française n’a pas privilégié son contenu rédactionnel.

Cette situation a aussi procédé d’un repli, puis d’un déclin du rôle de la photographie comme témoignage. Ces évolutions mettent en péril le pluralisme de la presse. Sur du long terme, le recul du journalisme risque aussi d’affaiblir la santé des entreprises de presse. Alors que les titres se placent en concurrents face à la télévision, il n’y a jamais eu de questionnement, de réflexion et de positionnement pour apporter un traitement de l’information différent, complémentaire. Même interrogation en ce qui concerne le rapport du lecteur, du public, de tous à la photographie. Alors que l’image est devenue omniprésente dans notre société, aucun élément de compréhension ne nous est transmis, ni enseigné. Les initiatives pour apporter une culture photographique au plus grand nombre sont rares et ce n’est pas la place qu’occupe actuellement la critique photographique dans les journaux qui viendra compenser cette lacune.

Wilfrid Estève

Article publié dans « Photojournalisme à la croisée des chemins« , mention spéciale du jury du prix Nadar 2005

(1°) “Le métier de TF1, c’est d’aider Coca-cola, par exemple à vendre son produit. Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible: c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-cola, c’est du temps de cerveau humain disponible”. Patrick Le Lay, “Les dirigeants face aux changements”, éditions du Huitième jour, 2004.


“Territoires de Fictions”, l’identité en diffusion

Par Christian Gattinoni, rédacteur en chef de lacritique.org

Un ensemble de 52 réalisations multimédia de deux minutes chacune produites à partir d’autant de projets photographiques individuels dressent un panorama kaléidoscopique de l’identité française à l’occasion du brassage politique dans le contexte de l’échéance électorale. Dans l’évolution récente de la photographie concernée par un réel politique qui ne trouve plus ses voies dans les formes traditionnelles du reportage l’action de collectifs de production et de diffusion comme le Bar floréal ou Tendance Flou, souvent mis en valeur par notre partenaire Photos Nouvelles, semble ici faire école.

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Hans Lucas, un studio de création et de production dédié aux nouvelles écritures

Passerelle entre information et création, Hans Lucas est un studio de production dédié aux logiques transmédia et multi-écrans.

En prise avec les mutations actuelles, les nouveaux médias, le journalisme visuel, le référencement local, mobile et social, la structure s’appuie sur un réseau d’une trentaine d’auteurs, de professionnels de l’information et de créateurs. Sa direction artistique, éditoriale et de production est assurée par Virginie Terrasse, Wilfrid Estève et Lorenzo Virgili. Hans Lucas invite à investir de nouveaux territoires numériques, le studio est spécialisé depuis 2006 dans la production de format court ou interactif et a créé le concept de la POM, Petite Oeuvre Multimédia. Son nom est un clin d’oeil à Jean-Luc Godard dont Hans Lucas fut le pseudonyme en tant que critique.

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Photographie, documentaire et digital storytelling

Wilfrid Estève est photographe, journaliste, enseignant et producteur.

Depuis 2004, il préside l’association reconnue d’utilité publique FreeLens et a reçu la mention spéciale du prix Nadar pour l’ouvrage « Photojournalisme, à la croisée des chemins » en 2005 en tant qu’auteurEn tant producteur, il a reçu le grand prix du jury du WebTV Festival de La Rochelle pour la plateforme interactive documentaire « La Nuit oubliée – 17 octobre 1961 » en 2012 et le Mediterranean Journalist Award 2013 (catégorie Nouveaux médias) de la Fondation Anna Lindh et du PriMed 2014 (catégorie Prix Multimédia de la Méditerranée) pour « Sout el shabab ».

Cofondateur de l’agence l’Œil Public, ancien vice-président de Picturetank, membre de l’Observatoire du photojournalisme, et de l’Observatoire des Métiers de la presse, conférencier spécialisé en photojournalisme, il a commencé sa carrière en 1995. Depuis 2006, il est en charge de la direction éditoriale du studio de création et de production Hans Lucas et depuis 2013 de la codirection du Diplôme Universitaire « Photographie documentaire et écritures transmédia » à l’UPVD.

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