Photographie, écoles, nouvelles écritures et transmédia

Contributions

What’s up webdoc ?

Les productions interactives sont apparues il y a 7 ans sur le Web. Plus communément nous parlerons de webdocumentaires. Un terme barbare ai-je dit ? Non… Juste un mot valise qui regroupe beaucoup de concepts.

Photographes, réalisateurs, producteurs, diffuseurs, documentalistes livrent leurs regards et ne passent pas par quatre chemins… Avec franchise ils nous parlent d’économie, de format, de créativité, d’équipe projet, d’invention, d’histoire, de la force de l’image et du son et de bien d’autres choses.

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Le Diplôme d’Université en « Photographie documentaire et écritures transmédia »

Unique en France, l’Université de Perpignan propose sur le site de Carcassonne un Diplôme d’Université dédié à la photographie documentaire, au photojournalisme et aux écritures numériques. Cette formation, encadrée à 75% par des spécialistes en activité et à 25% par des universitaires, vise à former à la fois des professionnels ainsi que des étudiants aux narrations transmédia.

 

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Février 2014, Léonora, Mathilde et Marie durant la conception du « grand format » interactif « De Félix à Félix, une histoire du Rugby à XIII en France »

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France à quoi tu penses ?

À travers une approche transversale et contemporaine, Territoires de fictions propose en 52 histoires une réflexion sur la France d’aujourd’hui et son rapport au monde actuel.

Dans l’esprit d’une « photographie évolutive », cette initiative pluridisciplinaire rassemble une centaine d’auteurs (créateurs sonores, graphistes, photographes, monteurs, réalisateurs) et explore de nouvelles formes de représentation de la photographie et de l’image. La quête d’identité comme trame d’une recherche créative et une mise en danger quasi systématique a fait de ce projet un laboratoire expérimental hors norme. Territoires de fictions propose une passerelle entre information et création artistique et a développé le concept de la POM, Petite Oeuvre Multimédia.

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L’instant « t » de Guillaume Chamahian

“On dit que la musique adoucit les moeurs”… C’est sur cette phrase que Guillaume Chamahian termine le texte de sa série intitulée “Bosnia”. Sans doute un petit clin d’oeil à une vie antérieure.

“J’ai arrêté ma scolarité en troisième. A 18 ans on m’a offert un appareil photo, j’ai commencé à faire des images et à toucher à l’écriture et à la peinture. Je rentre aux Beaux-Arts de Marseille que je trouve trop scolaire. J’y reste 6 mois et pars à Londres. En 1995, je découvre le milieu underground, la techno, les Spiral Tribe (célèbre sound system londonien) et passe deux ans à mixer. »

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Rencontre avec Nathalie Gallon du prix “Carmignac Gestion du photojournalisme”

Nathalie Gallon, directrice du prix « Carmignac Gestion du photojournalisme », nous explique les raisons de sa présence sur les Rencontres.

Deux lauréats l’accompagnent. Tout d’abord, une exposition est présentée dans le IN, suite à la publication de « Lashkars, milices civiles au Pachtounistan », Actes Sud. Une signature est organisée avec Massimo Berruti, lauréat 2010, samedi 7 juillet à la librairie.

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Magnum est-il toujours d’actualité ?

C’est la question à laquelle va répondre l’agence autour d’une table ronde.

Pour faire suite à une invitation informelle de François Hébel à la tenue de leur assemblée générale à Arles, les photographes de la coopérative mythique ont vécu 4 journées exceptionnelles et donné une forte impulsion à la structure avec tout d’abord, 3 nouveaux nominés : Bieke Depoorter (26 ans), Jérôme Sessini (43 ans) et Zoé Strauss (42 ans).

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La Villa Pérochon, un nouveau centre d’art contemporain photographique

Ce vendredi à la Bourse du travail d’Arles, l’équipe de l’association “Pour l’instant” va annoncer la création de la Villa Pérochon, nouveau centre d’art dédié à la photographie en France.

Sylviane Van de Moortele est membre fondatrice et présidente de “Pour l’instant” depuis 1994. Ce projet, porté par un petit groupe de passionné(e)s, est le fruit d’une longue gestation. Elle est avec Jean-Charles Oudinet (trésorier depuis 1994) et Patrick Delat, l’âme de l’association.

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Comment enseigne-t-on la photographie en France et à l’étranger ?

Dans le cadre du colloque “Intensités de la photographie”, préparé et animé par Françoise Docquiert et Rémy Fenzy, la matinée consacrée à la thématique “Photographie et enseignement”, a placé les questions “Comment enseigne-t-on la photographie ?”, “Quelles sont les spécificités et les missions des écoles ?” et “Comment chacune se forge-t-elle une identité ?” au coeur des échanges. 

Françoise Denoyelle (École nationale supérieure Louis-Lumière), Phillip S. Block (International Center of Photography, New York), Olivier Faron (École normale supérieure de Lyon), John Fleetwood, (Market Photo Workshop, Johannesbourg), Tadashi Ono (Kyoto University of Art and Design), Michel Poivert (université Paris 1 – Panthéon Sorbonne) et Olivier Richon (Royal College of Art, Londres) ont présenté leurs points de vue. Extraits…

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Alain Desvergnes et la création de l’école de photographie d’Arles

“Imaginez si nous avions pu avoir une réunion entre Rousseau et Voltaire et en faire un colloque ? »

« Nous aurions eu ces deux bonhommes qui nous auraient raconté leur vie et leur histoire. Nous avons la chance aujourd’hui d’avoir les plus grands photographes du monde. Même si certains sont en train de disparaître, ils sont tous venus à Arles.” répliqua Alain Desvergnes en 1980 sur TF1 à un Bernard Golay incrédule sur l’intérêt du festival pour le grand public ; et de renchérir : “Une remarque, un sourire, une parole sur la place du forum peuvent valoir pour un débutant ou quelqu’un qui s’intéresse à l’image, beaucoup plus que plusieurs chapitres. Il y a une espèce de lumière qui peut jaillir de la conversation”.

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Le “Manga project” de Monica Santos & Mat Jacob

C’est un entrelacement de dessins et d’images. C’est une rencontre entre les premiers et les seconds, dans des tonalités de gris, de bleus et de teintes saturées parfois, flamboyantes, ponctuant ce projet, le portant, comme un élément novateur.

Le crayon est maîtrisé, et transforme avec ingéniosité la photographie, ou la laisse se glisser parmi les croquis pour prendre pleinement sa place. Puis une page haute et forte en couleurs surgit. Elle amène un contraste qui s’avère être nécessaire pour rompre la monotonie d’un manga classique. Nous sommes ici dans la création.

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L’ENSP d’Arles : les défis d’un changement décisif

Personnalité réfléchie, exigeante et tenace, Rémy Fenzy a commencé sa carrière dans l’administration à l’Ambassade de France de Reikjavik (Islande), puis a décidé de compléter sa formation supérieure à la Sorbonne (Paris I), avant de devenir professeur des écoles d’art, puis directeur de l’Ecole Supérieure d’Arts de Brest jusqu’à sa nomination à celle d’Arles en 2010.

L’ancien étudiant de l’ENSP (deuxième promotion), se plaît à dire que la différence entre Arles et les grandes écoles étrangères réside dans le fait qu’au delà de la pratique d’une photographie riche en diversité, le principe de l’école est un projet de vie.

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Christophe Laloi et l’écosystème des Voies Off

Christophe Laloi est le directeur du festival Voies Off. Cet ancien élève de l’école sort de la promotion Claude Cahun (1996).

“Une promotion dynamique et soudée, j’y ai eu une vraie vie d’étudiant. La place que j’occupe sur le Off m’a permis de suivre les travaux de tout le monde. » A l’occasion du livre “Qu’avez-vous fait de la photographie ?”, je me suis rendu compte que j’avais passé 17 ans à m’occuper des autres. C’est très étrange, car j’étais gêné de répondre, avec cette sensation de n’avoir rien fait.”

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Fnac : Marion Hislen

Depuis 2010, Marion Hislen est à la Direction de l’action culturelle Fnac.

« En France, la Fnac fait partie de quelques entreprises à avoir une politique culturelle autour de la photo. Son réseau regroupe 20 galeries sur tout le territoire français ainsi que Monaco. C’est unique ! D’autant que des passerelles avec les galeries Fnac italiennes existent encore : elles sont l’héritage de Laura Serani (de 1985 à 2006, Laura Serani a été directrice de la photographie et de l’audiovisuel à la Fnac et directrice de la Collection photographique de la Fnac). » Consciente de défendre une belle programmation, « hier il s’agissait d’un rêve, aujourd’hui c’est devenu un luxe », Marion Hislen a trouvé un équilibre entre le monde de l’entreprise et celui de la photographie. « Une sorte de poste idéal qui puise dans mes deux forces vives ».

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Emphas.is : un espoir pour le photojournalisme

Pour son premier anniversaire, le 7 mars 2012, Emphas.is a décidé de se lancer dans la production de livres de photojournalisme et de photographie documentaire.

Après le pré-financement de leurs coûts de production par la plateforme de crowdfunding, Emphas.is Publishing permet désormais aux photographes d’éditer leurs reportages. Trois livres ont été rapidement publiés : “UK Uncensored” de Peter Dench (collecte de 17.830 $US en deux semaines), “Faded tulips” (10.370$US en trois semaines) de William Daniels et “Trading to Extinction” (25.820$US en quatre semaines) de Patrick Brown.

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KissKissBankBank : the crowdfunding site

2012 est l’année de la maturité pour KissKissBanBank. Pionnière du financement participatif, la structure est devenue en trois ans, la première plateforme généraliste de « crowdfunding » en France.

Aujourd’hui avec la sortie d’une V2 proposant un site anglophone et l’ouverture de bureaux à l’étranger, les enjeux sont européens. La startup permet à des internautes investisseurs d’être en relation directe avec les créateurs de projets ou le public amateur de créativité, de collecter des fonds et de soutenir tout type de projet culturel, artistique ou innovant. Sélectionné par le magazine Challenges, dans le top 100 des jeunes entreprises à fort potentiel de croissance où investir, KissKissBankBank a su établir, une relation sereine avec ses Business Angels, les donateurs, le milieu artistique et les journalistes professionnels.

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Arles 2012 : le pari d’une rencontre

Jean-Jacques Naudet m’a proposé de couvrir l’édition 2012 des Rencontres d’Arles pour le Journal de la photographie. 25 articles ont été réalisés du 1er au 8 juillet lors de la semaine professionnelle avec la complicité de Samantha Rouault.

Ils présentent les portraits des principaux acteurs du festival, de l’ENSP d’Arles ainsi que certains artistes ou auteurs. Que retenir de cette édition ? Il s’agit d’un pari audacieux, celui de dédier un festival à une école et d’aller à la rencontre de ses diplômés et de ses professeurs. Trente ans est l’âge de la maturité, il permet de se retourner vers les élèves qui en sont sortis en mettant en perspective leurs parcours.

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Marin Hock, diplômé du “75”

Article publié dans le Journal de la Photographie

Présenter Marin Hock en janvier 2012 n’est pas chose simple. Diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts  »le 75 » à Bruxelles, l’actuel lauréat du Prix SFR de 23 ans a vécu une très belle année 2011. Exposé à Paris Photo, aux RIP d’Arles, puis à Lille 3000, le studio Hans Lucas diffuse ses oeuvres depuis novembre.

Patrick Tourneboeuf, parrain du Prix SFR et membre fondateur du collectif Tendance Floue, a été surpris par “la qualité de son travail. Une technique très bien maîtrisée, une construction, du sens et de l’aisance. Et puis surtout, il y a un devenir.” Cela tombe bien car Alain Mingam soutient ses nouveau projets, “sa démarche, entre le plastique et le documentaire, est multi facette”. De la street photography au documentaire en passant par le portrait ou la photographie conceptuelle, Marin Hock étonne par sa facilité d’aborder des univers différents.

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L’ENS Louis-Lumière présente Sophie Scher

Article publié dans le Journal de la Photographie

En 2006, Sophie Scher obtient un Diplôme National d’Arts et Techniques en Design Graphique et Illustration narrative à l’École Supérieure d’Art de Lorraine (ESAE), en se penchant sur ce qu’elle appelle des “Instants urbains et poétiques”. Très tôt, elle a été sensibilisée à la culture de l’image. Son père a fait les beaux arts, il est imprimeur et graphiste. Sa mère est également graphiste, sa soeur est architecte. Un monde autour de l’imaginaire, du dessin et de l’écriture s’est développé naturellement.

Petite, elle s’amuse à cligner des yeux pour figer les “jolis moments”. Cela lui arrive encore parfois aujourd’hui, “j’aimerais bien avoir un appareil photo dans les yeux”. A 12 ans son père lui offre son boîtier, elle commence à photographier. “J’ai toujours écrit des histoires pour raconter les choses de la vie”. Lors de ses trois années passées aux beaux-arts, elle touchera aussi bien à la photographie, à la vidéo, à la peinture qu’aux livres pour enfants ou encore aux affiches, remportant le Prix Mercuria pour “Make a substancial difference” exposée au Luxembourg, ainsi que le premier prix de l’affiche réalisée pour Arjo Wiggins.

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“Lettres aux Pères” de Lionel Pralus

Le 17 novembre 2011, je reçois Lionel Pralus pour un entretien. Un faux-air du chanteur Arnaud Fleurent-Didier, il fête ce jour-là ses 29 ans.

La conversation tourne autour de ce projet inachevé, ces Lettres aux pères faites de photographies entrechoquées de phrases. Lionel évoque une enfance un peu particulière dans ce quartier de Tours peuplé de jeunes retraités qui ne connaissent pas leurs voisins. Le décor est posé, la maison familiale et son proche alentour, un vase clos.

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“Cortex” de Valerio Vincenzo

Valerio aime brouiller les cartes. Originaire de Naples, il a grandi à Milan et réside à Paris. Il se revendique Européen et vit avec une Américaine. Il n’aime pas les cases et ne se définit pas comme photographe.

Valerio avait trouvé un mot plus juste, mais l’a oublié, « c’était lié à l’image » précise t-il. Sur sa carte d’identité italienne, on lit sa profession : étudiant. Valerio est attaché à ce statut car il désire apprendre durant toute sa vie. Discret et déterminé, cet ancien consultant dans la finance poursuit avec élégance un intéressant parcours photographique. Se jouant des formats et des média, il explore, s’égare ; aime prendre du recul et rendre intelligible. Son principal souci est de rester cohérent dans l’ensemble de ses démarches. Avec humour et dérision, il pointe les absurdités de notre société.

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“Degeaba, Bucarest 20 years later” d’Emilien Urbano

Si en août 2010 Ceauşescu s’était présenté aux élections, il aurait été élu président avec 41% d’opinions favorables. Le résultat de ce sondage, réalisé par l’Institut Roumain pour l’Evaluation et la Stratégie, 21 ans après la mort du dictateur laisse perplexe et donne à réfléchir.

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“NYC I love it but I don’t like it” d’Adrian Crispin

En l’an 2000, Adrian a 25 ans. Il vit à New-York, écoute Arthur Russell, Kruder & Dorfmeister et The Velvet Underground. Une vie de galère et de petits boulots l’amène à travailler dans un restaurant, il y rencontre Jamie Zeccola. Entre eux deux, une entente à demi-mot s’opère, l’un photographie, l’autre peint.

Les soirées et les nuits de grandes discussions se succèdent. Une correspondance par mail commence alors. Elle va durer six ans et nourrir en partie une réflexion autour de leur travail.

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“Spree” de Dorothée Smith


Des visages dans des cheveux d’or qui… oublient leur vertu. Mais c’est pas vrai qu’ils ont l’air d’un conquistador.
Asexués une fois dévêtus qui croit quand on les voit comme ça. Excitant toutes les petites filles. Pourquoi on n’y croit plus comme ça.
Isolé dans un corps presqu’île.

Lorsque Nicola Sirkis chante « 3e sexe », hymne à la tolérance sexuelle et au droit à la différence, Dorothée Smith a six mois. Alors qu’à Paris, Christo emballe le Pont Neuf, la Spree longe le symbole d’une Europe déchirée par le Rideau de fer.

La rivière sépare en deux la capitale allemande et à l’image de ces quatorze Berlinois de l’Est qui en 1962 ont enivré le capitaine d’un bateau pour franchir le mur sous les coups de feu, elle a aussi été promesse d’espérance et de liberté pour des Berlinois appelés à vivre entre deux systèmes. Et deux identités. Aujourd’hui encore il existe des murs, invisibles certes, mais tout aussi réels.

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“La Palestine comment ?” de Virginie Terrasse et de Wilfrid Estève

Un petit groupe silencieux d’ouvriers palestiniens se presse. Aveuglés par la lumière et la poussière, nos paupières sont mi-closes. L’air enflammé fait danser des silhouettes.

Son Mamiya autour du cou, Virginie s’éloigne et contourne la barrière de séparation. Je prends la direction inverse et décide de longer le mur, que je découvre toujours en cours de construction. Il fait très chaud, le chantier fait miroiter un métal bouillant. Face à moi, des pans de béton de huit mètres de haut sont en train de prendre racine. Je mesure mon souffle et cherche l’ombre. Derrière des barbelés, j’entends crier : « Yala, yala ». Est-ce l’envie de fuir le soleil ou ce monde qui me paraissait si étrange ? J’ai longtemps marché ce jour là, interrogeant l’espace du regard, avec mes pensées d’homme libre pour seules compagnes.

 

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