Photographie, écoles, nouvelles écritures et transmédia

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Photojournalisme, oeuvres numériques et digital storytelling

Wilfrid Estève est photographe, journaliste, enseignant et producteur. Depuis 2004, il préside l’association reconnue d’utilité publique FreeLens et a notamment reçu le Prix « Voies Off » à Arles (2000) en tant que photographe, la mention spéciale du prix Nadar pour l’ouvrage « Photojournalisme, à la croisée des chemins » (2005) en tant qu’auteur ainsi que le grand prix du jury du WebTV Festival de La Rochelle et le Prix Historia de l’inattendu (2012) pour le webdocumentaire « La Nuit oubliée – 17 octobre 1961″ en tant que producteur. Membre de l’observatoire du photojournalisme du Ministère de la Culture et de la Communication, cofondateur de l’agence l’Œil public, conférencier spécialisé sur le transmédia et le photojournalisme, il a commencé sa carrière en 1995. Depuis 2006, il est en charge de la direction éditoriale et de production du studio de création « Hans Lucas ».

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Hans Lucas, un studio de création et de production dédié aux nouvelles écritures

Passerelle entre information et création, Hans Lucas répond aux nouvelles narrations et stratégies de communication éditoriale liés aux nouveaux média (POM, documentaire interactif ou web reportage, applications en téléphonie mobile), à différents supports (média en ligne, écrans mobiles ou embarqués, podcasts) et aux réseaux sociaux (Twitter, Facebook…).

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“Territoires de Fictions”, l’identité en diffusion

Face à une information télévisuelle de plus en plus contrôlée, scénarisée et produite de façon de moins en moins spécialisée par des J.R.I (journalistes réalisateurs d’images) multicasquettes ces fictions revendiquées dans des collaborations entre photographes, réalisateurs et créateurs sonores apparaissent aujourd’hui comme une alternative à un photojournalisme de moins en moins en prise avec la complexité du réel politique.

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Séoul, Corée du sud_2001 © Wilfrid Estève

Qu’est-ce que la photographie aujourd’hui ?

La révolution numérique, les nouveaux supports et formes de création et de narration, de production, de diffusion, de stockage inscrivent aujourd’hui la photographie dans des perspectives inenvisageables jusqu’alors. Sur la toile, la consommation des images via les réseaux sociaux , les applications smatphone et iPad et les plateformes de partage communautaire apportent une fonction nouvelle à l’image, qui devient conversationnelle ; la globalisation de son utilisation rend son impact incontrôlable.

Nous voilà entrés dans une nouvelle ère, celle de l’ubiquité de l’image. Et tout comme l’annonçait dans les années trentre, László Moholy-Nagy, l’analphabète de demain sera celui qui ne sait lire les images que la société porte à son regard.

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POM, vidéographie, webdocumentaire : lexique des nouveaux formats

La crise dans les médias aura eu le mérite d’accélérer les initiatives des photojournalistes dans le « digital story telling ». Depuis 2005, une nouvelle orchestration éditoriale s’est mise en place pour l’ensemble des « journalistes de l’image » et des écritures narratives ont rencontré leurs publics. Même si nous sommes toujours dans l’essai, les enjeux sont réels : des métiers ont évolué (journaliste multimédia, iconographe bimédia), d’autres se sont créés (vidéographe, community manager) et des formats ont vu le jour (POM, vidéographie, Websérie et Webdocumentaire) permettant à l’image fixe, désormais en mouvement, d’interagir.

S’informer en tous lieux et à tout moment… Aujourd’hui on parle de fragmentation de l’information visuelle, de transversalité du récit, de multiplication des supports et des écrans, de développement des communautés, l’image est d’ailleurs devenue « conversationnelle » dans les réseaux sociaux.

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Justifier l’injustifiable

Victime d’un acte d’homicide délibéré, Loucas Von Zabiensky-Mebrouk, dit Lucas Dolega vient de décéder à Tunis. Depuis quatre jours le photojournaliste franco-allemand était plongé dans un coma artificiel et avait perdu l’usage de son oeil gauche. Blessé à la tête vendredi 14 janvier au cours d’une manifestation, par un tir « à bout portant » [moins de cinq mètres] et « tendu » [trajectoire qui se rapproche de la ligne droite] d’une grenade lacrymogène, Lucas a clairement été pris pour cible par la police anti-émeutes tunisienne. Il s’était réfugié avec cinq autres photographes [Matthias Bruggmann, Olivier Laban-Mattei, Remy Ochlik, Bruno Stevens et Pierre Terdjman] dans une rue adjacente à l’avenue Bourguiba où des débordements avaient lieu. Selon le témoignage de ses confrères « c’est alors qu’il passait la tête pour voir où en était la situation qu’il a été touché par le projectile.».

Aujourd’hui, c’est toute la profession des journalistes et des photographes qui est en deuil. En colère aussi.

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L’Ecole nationale supérieure Louis-Lumière au sein d’un complexe inédit

2012 sera pour l’Ecole nationale supérieure Louis-Lumière une année importante. Cette grande école publique dédiée aux métiers du cinéma, de la photographie et du son va s’installer au coeur de la Cité européenne du cinéma. Cette dernière a été notamment portée par Luc Besson. Implantée à la Plaine Saint Denis, sur le site d’une ancienne usine EDF, l’ENS Louis-Lumière sera au centre d’un complexe inédit, qui réunira dans un même lieu l’ensemble des métiers du cinéma. Ce pôle cinématographique est comparable à la Cinecittà à Rome, au Pinewood à Londres ou au Tōhō au Japon.

Cette fantastique boîte à outils pour les professionnels du cinéma va-t-elle orienter différemment l’enseignement de la photographie au sein de l’établissement ?

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Le “75”, une école bruxelloise des arts de l’image de référence en photographie documentaire

Visiter Le 75 m’a toujours fait regretter de ne pas y avoir été étudiant. Le bâtiment, très lumineux, se trouve au milieu d’un beau parc du sud de Bruxelles. Capitale européenne oblige, bien que l’école soit francophone, dès l’entrée on y entend plusieurs langues. Les tirages photographiques aux murs et les dessins sur les tables témoignent de l’importance des ateliers. Nous sommes ici d’évidence dans la création et l’écoute. Les échanges avec les professeurs d’atelier sont permanents car chaque élève est libre de les solliciter autant qu’il le souhaite pour l’avancement de ses travaux. Des rapports bienveillants et, contrairement à certaines institutions artistiques, sans condescendance.

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La nouvelle donne du numérique

Former des photojournalistes est vital. Ces dix dernières années nous ont montré que trop peu de professionnels avaient été en capacité d’anticiper la transformation du modèle économique des médias traditionnels, la crise de la presse puis celle des agences, de s’adapter à l’émergence du « digital storytelling ». Le numérique a profondément marqué notre société, aucune perspective de rebond ne pourra aboutir si nous ne pouvons intégrer dans nos démarches professionnelles les nouvelles écritures. Elles ont créé des opportunités et fait rebondir un marché sclérosé, des formats dédiés sont nés, faisant fortement évoluer la pratique. De nouvelles postures sont apparues, elles permettent davantage de créativité et donnent plus de responsabilités aux photojournalistes.

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“La Palestine comment ?” de Virginie Terrasse et de Wilfrid Estève

La série « La Palestine comment ? » présentée dans le magazine du Jeu de Paume a été réalisée par Virginie Terrasse et Wilfrid Estève. Elle se veut une métaphore, une représentation du conflit et de la colonisation, de l’enfermement dans l’espace et dans le temps ; de l’errance et des détours incessants d’une population civile prise en otage. Elle documente les aspects d’une partition territoriale imposée par la force et rendant impossible la cohabitation entre Israéliens et Palestiniens. Défaisant la géographie et les territoires, elle contextualise les difficultés à vivre en Cisjordanie.

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Spree

“Spree” de Dorothée Smith

« Des visages dans des cheveux d’or qui… oublient leur vertu. Mais c’est pas vrai qu’ils ont l’air d’un conquistador. Asexués une fois dévêtus qui croit quand on les voit comme ça. Excitant toutes les petites filles. Pourquoi on n’y croit plus comme ça. Isolé dans un corps presqu’île. »

Lorsque Nicola Sirkis chante « 3e sexe », hymne à la tolérance sexuelle et au droit à la différence, Dorothée Smith a six mois. Alors qu’à Paris, Christo emballe le Pont Neuf, la Spree longe le symbole d’une Europe déchirée par le Rideau de fer. La rivière sépare en deux la capitale allemande et à l’image de ces quatorze Berlinois de l’Est qui en 1962 ont enivré le capitaine d’un bateau pour franchir le mur sous les coups de feu, elle a aussi été promesse d’espérance et de liberté pour des Berlinois appelés à vivre entre deux systèmes. Et deux identités. Aujourd’hui encore il existe des murs, invisibles certes, mais tout aussi réels.

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Adrien Aumont Kisskissbankbank

KissKissBankBank : the crowdfunding site

2012 est l’année de la maturité pour KissKissBanBank. Pionnière du financement participatif, la structure est devenue en trois ans, la première plateforme généraliste de « crowdfunding » en France. Aujourd’hui avec la sortie d’une V2 proposant un site anglophone et l’ouverture de bureaux à l’étranger, les enjeux sont européens. La startup permet à des internautes investisseurs d’être en relation directe avec les créateurs de projets ou le public amateur de créativité, de collecter des fonds et de soutenir tout type de projet culturel, artistique ou innovant. Sélectionné par le magazine Challenges, dans le top 100 des jeunes entreprises à fort potentiel de croissance où investir, KissKissBankBank a su établir, une relation sereine avec ses Business Angels, les donateurs, le milieu artistique et les journalistes professionnels.

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Emphas.is

Emphas.is : un espoir pour le photojournalisme

Pour ceux qui l’ignorent encore, Emphas.is est une plateforme web qui permet de collecter des fonds avec les leviers propres au crowdfunding. L’approche est simple : financer des projets en faisant appel aux dons de différents publics. Aucun pourcentage ou droit sur la série réalisée n’est demandé. La structure s’est focalisée sur des projets en journalisme visuel, uniquement proposés par des professionnels de l’information. Porté par la communauté des journalistes et de grands festivals, le lancement d’Emphas.is a été fulgurant ; quelques mois après sa création, la plateforme avait récolté près de cent mille dollars et financé sept projets photographiques dont « 21st Century communism – Laos » de Tomas van Houtryve de l’agence VII Photo.

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Christophe Laloi et l’écosystème des Voies Off

Christophe Laloi est le directeur du festival Voies Off. Cet ancien élève de l’école sort de la promotion Claude Cahun (1996). “Une promotion dynamique et soudée, j’y ai eu une vraie vie d’étudiant. La place que j’occupe sur le Off m’a permis de suivre les travaux de tout le monde. A l’occasion du livre “Qu’avez-vous fait de la photographie ?”, je me suis rendu compte que j’avais passé 17 ans à m’occuper des autres. C’est très étrange, car j’étais gêné de répondre, avec cette sensation de n’avoir rien fait.”

Le travail autour du festival est conséquent, “Alain Desvergnes (ancien directeur de l’école) m’a confié qu’il avait eu le temps de s’occuper de lui qu’une fois à la retraite. J’apprécie ce qu’il est, nous avons toujours eu des échanges nourrissants.” “Lorsque je suis entré à l’école je me suis mis à travailler pour la première fois de ma vie. Avant, j’avais fait tous les boulots : de mécanicien à la vente sur les marchés, ou encore jouer au sein d’un groupe de Rock. La photographie m’a fait prendre goût aux études. Comme je n’avais pas les moyens de faire l’ETPA à Toulouse, je me suis inscrit en histoire de l’Art à l’université du Mirail.”

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L’ENSP d’Arles : les défis d’un changement décisif

Personnalité réfléchie, exigeante et tenace, Rémy Fenzy a commencé sa carrière à l’Ambassade de France de Reikjavik, puis a décidé de compléter sa formation supérieure à la Sorbonne, avant de devenir professeur des écoles d’art, puis directeur de l’Ecole Supérieure d’Arts de Brest jusqu’à sa nomination à celle d’Arles en 2010. L’ancien étudiant de l’ENSP, se plaît à dire que la différence entre Arles et les grandes écoles étrangères réside dans le fait qu’au delà de la pratique d’une photographie riche en diversité, le principe de l’école est un projet de vie.

“J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de pénétrer dans le monde des écoles d’Art, ce fut une révélation et un choc. Sortant d’Arles et avec une certaine maturité, j’ai pris conscience de l’extrême importance de ces lieux. Les questions de pédagogie, de transmission sont au coeur du processus de construction de la jeune création. Accompagner les étudiants, les amener à des réflexions, autant d’éléments qui les aideront plus tard à faire oeuvre. La photographie est la passion d’une vie. Au sein de l’école, les possibilités d’approfondir son étude sont multiples. A Arles, une candidature n’est jamais le fruit du hasard.”

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Le “Manga project” de Monica Santos & Mat Jacob

C’est un entrelacement de dessins et d’images. C’est une rencontre entre les premiers et les seconds, dans des tonalités de gris, de bleus et de teintes saturées parfois, flamboyantes, ponctuant ce projet, le portant, comme un élément novateur. Le crayon est maîtrisé, et transforme avec ingéniosité la photographie, ou la laisse se glisser parmi les croquis pour prendre pleinement sa place. Puis une page haute et forte en couleurs surgit. Elle amène un contraste qui s’avère être nécessaire pour rompre la monotonie d’un manga classique. Nous sommes ici dans la création.

Depuis deux jours, Mat Jacob et Monica Santos sont de passage aux Rencontres d’Arles. Ils en profitent pour présenter leur nouveau projet à un cercle d’amis. Son nom de code : “Le manga project” devrait prendre corps sur trois supports : l’édition, l’exposition et le web.

Commencé en 2010, dans le cadre d’une résidence à Tokyo dans le « Tokyo Wonder Site », ce projet était initialement prévu pour les 20 ans de Tendance Floue sous la forme d’une revue grand format. Finalement, trop ambitieux, il n’aura pas lieu.

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Comment enseigne-t-on la photographie en France et à l’étranger ?

Dans le cadre du colloque “Intensités de la photographie”, préparé, coordonné et animé par Françoise Docquiert et Rémy Fenzy, j’ai assisté mercredi 4 juillet 2012 à une matinée consacrée à la thématique “Photographie et enseignement”. Les questions “Comment enseigne-t-on la photographie en France et à l’étranger ?”, “Quelles sont les spécificités et les missions principales des écoles ?” et “Comment chacune se forge-t-elle une identité forte ?” étaient au coeur des échanges.

Françoise Denoyelle (École nationale supérieure Louis-Lumière), Phillip S. Block (International Center of Photography, New York), Olivier Faron (École normale supérieure de Lyon), John Fleetwood, (Market Photo Workshop, Johannesbourg), Tadashi Ono (Kyoto University of Art and Design), Michel Poivert (université Paris 1 – Panthéon Sorbonne) et Olivier Richon (Royal College of Art, Londres) ont présenté leurs points de vue. Extraits des échanges…

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La Villa Pérochon, un nouveau centre d’art contemporain photographique

La Villa Pérochon est un centre d’art contemporain photographique qui a fait le double choix de la promotion des jeunes artistes et d’une approche culturelle de la réalité, que celle-ci soit sociale, environnementale… L’actualité artistique doit rester ouverte à la diversité et garantir notre citoyenneté culturelle. Le Centre d’art contemporain photographique avec les Rencontres de la jeune photographie internationale, clé de voûte de son programme annuel, permet au public mais aussi aux artistes en résidence de découvrir et de surprendre.

Il s’agit d’un lieu d’échanges, d’expérimentations, de confrontations intergénérationnelles. La reconnaissance par le milieu artistique et le public averti de cette manifestation, outre la qualité de l’accueil proposé, est due à l’esprit et aux valeurs régnant lors de cette manifestation : la liberté, le partage, le respect, la découverte. Aujourd’hui, plus que jamais, ces valeurs doivent être promulguées. Un centre d’art contemporain photographique qui s’inscrit pleinement dans la cité et son histoire, s’appuyant sur plusieurs lieux de la ville : la Villa Pérochon, le Bélvédère au Moulin du Roc, le Fort Foucault et le Coin photo.

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Magnum est-il toujours d’actualité ?

Magnum est-il toujours d’actualité ? C’est la question à laquelle va répondre l’agence autour d’une table ronde, de 16h30 à 18h00. Pour faire suite à une invitation informelle de François Hébel à la tenue de leur assemblée générale à Arles, les photographes de la coopérative mythique ont vécu 4 journées exceptionnelles et donné une forte impulsion à la structure avec tout d’abord, 3 nouveaux nominés : Bieke Depoorter (26 ans), Jérôme Sessini (43 ans) et Zoé Strauss (42 ans).

La réunion annuelle a été comme à son habitude, un moment d’échanges et de débats. Alors que le marché de la presse s’effondre, l’agence et son site web entament une mutation. « Avec les logiques du numérique, Magnum est toujours d’actualité” assure Clément Saccomani, directeur de l’éditorial, “Les photographes se posent beaucoup de questions et sont au coeur de problématiques complexes sur le droit d’auteur, la diffusion des archives ainsi que les modes de production alternatifs. Je constate que la photographie n’a jamais été aussi vivante chez nous. »

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L’instant « t » de Guillaume Chamahian

“On dit que la musique adoucit les moeurs”… C’est sur cette phrase que Guillaume Chamahian termine le texte de sa série intitulée “Bosnia”. Sans doute un petit clin d’oeil à une vie antérieure.

“J’ai arrêté ma scolarité en troisième. A 18 ans on m’a offert un appareil photo, j’ai commencé à faire des images et à toucher à l’écriture et à la peinture. Je rentre aux Beaux-Arts de Marseille que je trouve trop scolaire. J’y reste 6 mois et pars à Londres. En 1995, je découvre le milieu underground, la techno, les Spiral Tribe (célèbre sound system londonien) et passe deux ans à mixer. En 1997 je rentre en France, les free parties battent leur plein, je traîne à Marseille avec les Metek, Okupe ainsi que les Sound conspiracy. Je suis ce que l’on appelle un traveller, mon sound system “Intrabass” me fait passer quatre ans sur la route. L’arrêt sera brutal avec la mise en place de l’amendement Mariani : à la fin d’une soirée la police saisit nos trois bus, 20 kilos de son et toutes nos affaires. Nous n’avons jamais rien revu”.

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Dominique Voynet

France à quoi tu penses ?

Dans l’esprit d’une « photographie évolutive », cette initiative pluridisciplinaire rassemble une centaine d’auteurs (créateurs sonores, graphistes, photographes, monteurs, réalisateurs) et explore de nouvelles formes de représentation de la photographie et de l’image. La quête d’identité comme trame d’une recherche créative et une mise en danger quasi systématique a fait de ce projet un laboratoire expérimental hors norme. Territoires de fictions propose une passerelle entre information et création artistique et a développé le concept de la POM, Petite Oeuvre Multimédia.

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Il est grand temps de rallumer les étoiles*

Depuis plus de dix ans, le monde de la photographie est déstabilisé. Les nouvelles technologies ont redéfini les pratiques de toute une profession. De profonds changements s’opèrent dans les domaines de la production, de la distribution et de la consommation.

Une nouvelle e-économie émerge. Elle bouscule notre façon de penser, de travailler, de voir le monde, sans que nous nous soyons préparés. La Photographie est née en France, l’essor de sa culture, de son enseignement et de son rayonnement nous ont autorisé une certaine suffisance. Nous avons passé les dix dernières années à attendre, commis l’erreur d’être passé à côté des évolutions et d’avoir ralenti l’adaptation de la France aux technologies au moment où le monde l’accélérait.

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Comment enseigne-t-on la photographie en France et à l’étranger ?

Dans le cadre du colloque “Intensités de la photographie”, préparé et animé par Françoise Docquiert et Rémy Fenzy, la matinée consacrée à la thématique “Photographie et enseignement”, a placé les questions “Comment enseigne-t-on la photographie ?”, “Quelles sont les spécificités et les missions des écoles ?” et “Comment chacune se forge-t-elle une identité ?” au coeur des échanges. 

Françoise Denoyelle (École nationale supérieure Louis-Lumière), Phillip S. Block (International Center of Photography, New York), Olivier Faron (École normale supérieure de Lyon), John Fleetwood, (Market Photo Workshop, Johannesbourg), Tadashi Ono (Kyoto University of Art and Design), Michel Poivert (université Paris 1 – Panthéon Sorbonne) et Olivier Richon (Royal College of Art, Londres) ont présenté leurs points de vue. Extraits…

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Alain Desvergnes et la création de l’école de photographie d’Arles

“Imaginez si nous avions pu avoir une réunion entre Rousseau et Voltaire et en faire un colloque ? »

« Nous aurions eu ces deux bonhommes qui nous auraient raconté leur vie et leur histoire. Nous avons la chance aujourd’hui d’avoir les plus grands photographes du monde. Même si certains sont en train de disparaître, ils sont tous venus à Arles.” répliqua Alain Desvergnes en 1980 sur TF1 à un Bernard Golay incrédule sur l’intérêt du festival pour le grand public ; et de renchérir : “Une remarque, un sourire, une parole sur la place du forum peuvent valoir pour un débutant ou quelqu’un qui s’intéresse à l’image, beaucoup plus que plusieurs chapitres. Il y a une espèce de lumière qui peut jaillir de la conversation”.

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Le “Manga project” de Monica Santos & Mat Jacob

C’est un entrelacement de dessins et d’images. C’est une rencontre entre les premiers et les seconds, dans des tonalités de gris, de bleus et de teintes saturées parfois, flamboyantes, ponctuant ce projet, le portant, comme un élément novateur.

Le crayon est maîtrisé, et transforme avec ingéniosité la photographie, ou la laisse se glisser parmi les croquis pour prendre pleinement sa place. Puis une page haute et forte en couleurs surgit. Elle amène un contraste qui s’avère être nécessaire pour rompre la monotonie d’un manga classique. Nous sommes ici dans la création.

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Christophe Laloi et l’écosystème des Voies Off

Christophe Laloi est le directeur du festival Voies Off. Cet ancien élève de l’école sort de la promotion Claude Cahun (1996).

“Une promotion dynamique et soudée, j’y ai eu une vraie vie d’étudiant. La place que j’occupe sur le Off m’a permis de suivre les travaux de tout le monde. » A l’occasion du livre “Qu’avez-vous fait de la photographie ?”, je me suis rendu compte que j’avais passé 17 ans à m’occuper des autres. C’est très étrange, car j’étais gêné de répondre, avec cette sensation de n’avoir rien fait.”

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Emphas.is : un espoir pour le photojournalisme

Pour son premier anniversaire, le 7 mars 2012, Emphas.is a décidé de se lancer dans la production de livres de photojournalisme et de photographie documentaire.

Après le pré-financement de leurs coûts de production par la plateforme de crowdfunding, Emphas.is Publishing permet désormais aux photographes d’éditer leurs reportages. Trois livres ont été rapidement publiés : “UK Uncensored” de Peter Dench (collecte de 17.830 $US en deux semaines), “Faded tulips” (10.370$US en trois semaines) de William Daniels et “Trading to Extinction” (25.820$US en quatre semaines) de Patrick Brown.

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KissKissBankBank : the crowdfunding site

2012 est l’année de la maturité pour KissKissBanBank. Pionnière du financement participatif, la structure est devenue en trois ans, la première plateforme généraliste de « crowdfunding » en France.

Aujourd’hui avec la sortie d’une V2 proposant un site anglophone et l’ouverture de bureaux à l’étranger, les enjeux sont européens. La startup permet à des internautes investisseurs d’être en relation directe avec les créateurs de projets ou le public amateur de créativité, de collecter des fonds et de soutenir tout type de projet culturel, artistique ou innovant. Sélectionné par le magazine Challenges, dans le top 100 des jeunes entreprises à fort potentiel de croissance où investir, KissKissBankBank a su établir, une relation sereine avec ses Business Angels, les donateurs, le milieu artistique et les journalistes professionnels.

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“Spree” de Dorothée Smith


Des visages dans des cheveux d’or qui… oublient leur vertu. Mais c’est pas vrai qu’ils ont l’air d’un conquistador.
Asexués une fois dévêtus qui croit quand on les voit comme ça. Excitant toutes les petites filles. Pourquoi on n’y croit plus comme ça.
Isolé dans un corps presqu’île.

Lorsque Nicola Sirkis chante « 3e sexe », hymne à la tolérance sexuelle et au droit à la différence, Dorothée Smith a six mois. Alors qu’à Paris, Christo emballe le Pont Neuf, la Spree longe le symbole d’une Europe déchirée par le Rideau de fer.

La rivière sépare en deux la capitale allemande et à l’image de ces quatorze Berlinois de l’Est qui en 1962 ont enivré le capitaine d’un bateau pour franchir le mur sous les coups de feu, elle a aussi été promesse d’espérance et de liberté pour des Berlinois appelés à vivre entre deux systèmes. Et deux identités. Aujourd’hui encore il existe des murs, invisibles certes, mais tout aussi réels.

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“La Palestine comment ?” de Virginie Terrasse et de Wilfrid Estève

Un petit groupe silencieux d’ouvriers palestiniens se presse. Aveuglés par la lumière et la poussière, nos paupières sont mi-closes. L’air enflammé fait danser des silhouettes.

Son Mamiya autour du cou, Virginie s’éloigne et contourne la barrière de séparation. Je prends la direction inverse et décide de longer le mur, que je découvre toujours en cours de construction. Il fait très chaud, le chantier fait miroiter un métal bouillant. Face à moi, des pans de béton de huit mètres de haut sont en train de prendre racine. Je mesure mon souffle et cherche l’ombre. Derrière des barbelés, j’entends crier : « Yala, yala ». Est-ce l’envie de fuir le soleil ou ce monde qui me paraissait si étrange ? J’ai longtemps marché ce jour là, interrogeant l’espace du regard, avec mes pensées d’homme libre pour seules compagnes.

 

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La nouvelle donne du numérique

Former des photojournalistes est vital.

Ces dix dernières années nous ont montré que trop peu de professionnels avaient été en capacité d’anticiper la transformation du modèle économique des médias traditionnels, la crise de la presse puis celle des agences, de s’adapter à l’émergence du «digital storytelling».

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POM, vidéographie, webdocumentaire : lexique des nouveaux formats

La crise dans les médias aura eu le mérite d’accélérer les initiatives des photojournalistes dans le « digital story telling ».

Depuis 2005, une nouvelle orchestration éditoriale s’est mise en place pour l’ensemble des « journalistes de l’image » et des écritures narratives ont rencontré leurs publics. Même si nous sommes toujours dans l’essai, les enjeux sont réels : des métiers ont évolué (journaliste multimédia, iconographe bimédia), d’autres se sont créés (vidéographe, community manager) et des formats (ou capsules) ont vu le jour (POM, vidéographie, Websérie et Webdocumentaire) permettant à l’image fixe, désormais en mouvement, d’interagir. S’informer en tous lieux et à tout moment…

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Hans Lucas, un studio de création et de production dédié aux nouvelles écritures

Passerelle entre information et création, Hans Lucas est un studio de production dédié aux logiques transmédia et multi-écrans.

En prise avec les mutations actuelles, les nouveaux médias, le journalisme visuel, le référencement local, mobile et social, la structure s’appuie sur un réseau d’une trentaine d’auteurs, de professionnels de l’information et de créateurs. Sa direction artistique, éditoriale et de production est assurée par Virginie Terrasse, Wilfrid Estève et Lorenzo Virgili. Hans Lucas invite à investir de nouveaux territoires numériques, le studio est spécialisé depuis 2006 dans la production de format court ou interactif et a créé le concept de la POM, Petite Oeuvre Multimédia. Son nom est un clin d’oeil à Jean-Luc Godard dont Hans Lucas fut le pseudonyme en tant que critique.

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Photojournalisme, oeuvres numériques et digital storytelling

Wilfrid Estève est photographe, journaliste, enseignant et producteur.

Depuis 2004, il préside l’association reconnue d’utilité publique FreeLens et a reçu la mention spéciale du prix Nadar pour l’ouvrage « Photojournalisme, à la croisée des chemins » en 2005 en tant qu’auteur, ainsi que le grand prix du jury du WebTV Festival de La Rochelle et le Prix Historia de l’inattendu pour la plateforme interactive documentaire « La Nuit oubliée – 17 octobre 1961« , en 2012 en tant que producteur.

Cofondateur de l’agence l’Œil Public, ancien vice-président de Picturetank, membre de l’Observatoire du photojournalisme, et de l’Observatoire des Métiers de la presse, conférencier spécialisé en journalisme visuel et en transmédia, il a commencé sa carrière en 1995. Depuis 2006, il est en charge de la direction artistique et éditoriale du studio de création et de production Hans Lucas.

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Il est grand temps de rallumer les étoiles*

Depuis plus de dix ans, le monde de la photographie est déstabilisé.

Les nouvelles technologies ont redéfini les pratiques de toute une profession. De profonds changements s’opèrent dans les domaines de la production, de la distribution et de la consommation. Une nouvelle e-économie émerge. Elle bouscule notre façon de penser, de travailler, de voir le monde, sans que nous nous soyons préparés. La Photographie est née en France, l’essor de sa culture, de son enseignement et de son rayonnement nous ont autorisé une certaine suffisance. Nous avons passé les dix dernières années à attendre, commis l’erreur d’être passé à côté des évolutions et d’avoir ralenti l’adaptation de la France aux technologies au moment où le monde l’accélérait.

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France à quoi tu penses ?

À travers une approche transversale et contemporaine, Territoires de fictions propose en 52 histoires une réflexion sur la France d’aujourd’hui et son rapport au monde actuel.

Dans l’esprit d’une « photographie évolutive », cette initiative pluridisciplinaire rassemble une centaine d’auteurs (créateurs sonores, graphistes, photographes, monteurs, réalisateurs) et explore de nouvelles formes de représentation de la photographie et de l’image. La quête d’identité comme trame d’une recherche créative et une mise en danger quasi systématique a fait de ce projet un laboratoire expérimental hors norme. Territoires de fictions propose une passerelle entre information et création artistique et a développé le concept de la POM, Petite Oeuvre Multimédia.

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L’instant « t » de Guillaume Chamahian

“On dit que la musique adoucit les moeurs”… C’est sur cette phrase que Guillaume Chamahian termine le texte de sa série intitulée “Bosnia”. Sans doute un petit clin d’oeil à une vie antérieure.

“J’ai arrêté ma scolarité en troisième. A 18 ans on m’a offert un appareil photo, j’ai commencé à faire des images et à toucher à l’écriture et à la peinture. Je rentre aux Beaux-Arts de Marseille que je trouve trop scolaire. J’y reste 6 mois et pars à Londres. En 1995, je découvre le milieu underground, la techno, les Spiral Tribe (célèbre sound system londonien) et passe deux ans à mixer. »

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Rencontre avec Nathalie Gallon du prix “Carmignac Gestion du photojournalisme”

Nathalie Gallon, directrice du prix « Carmignac Gestion du photojournalisme », nous explique les raisons de sa présence sur les Rencontres.

Deux lauréats l’accompagnent. Tout d’abord, une exposition est présentée dans le IN, suite à la publication de « Lashkars, milices civiles au Pachtounistan », Actes Sud. Une signature est organisée avec Massimo Berruti, lauréat 2010, samedi 7 juillet à la librairie.

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Magnum est-il toujours d’actualité ?

C’est la question à laquelle va répondre l’agence autour d’une table ronde.

Pour faire suite à une invitation informelle de François Hébel à la tenue de leur assemblée générale à Arles, les photographes de la coopérative mythique ont vécu 4 journées exceptionnelles et donné une forte impulsion à la structure avec tout d’abord, 3 nouveaux nominés : Bieke Depoorter (26 ans), Jérôme Sessini (43 ans) et Zoé Strauss (42 ans).

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